Viens, si et seulement si, tu doutes 6


Allen-Jones-RA-Luxe-Calme-et-Volupte-1978.

Viens si tu sais. Ne viens que si tu doutes. Ne viens que si tu oses. Ne viens que si tu acceptes de te perdre. Tu suivras les grains de beauté, de la cuisse aux entre-seins, ils t’indiqueront le chemin. Tu suivras mon sourire, tu suivras ton désir. Mais tu ne sais pas où ils te mènent. Tu ne sais pas où je mène (peut-être). Tu dois savoir que tu ne sais pas. Tu dois savoir que je ne sais pas pour toi.

Viens si tu acceptes que je prenne ton cœur, comme tu prends ma chatte, le temps d’un coït, le temps d’un baiser malhabile, le temps du complice, le temps que les saveurs fassent leur effet, le temps que le temps soit. Viens si tu acceptes que je te prenne, comme tu prends mon esprit. Si tu acceptes d’avoir peur, de douter et de sourire, si tu le peux, viens.

Viens si tu acceptes que je te donne tout, le temps de notre lit. Tout le corps et le cœur. Oui tout. Après tu repartiras, je ne mettrais pas ton cœur en cage. Après tu retrouveras tes amours. Après ton cœur sera piqué d’un souvenir. Voluptueux, peut-être. 

Viens si tu acceptes que je t’échappe, quand, ta langue à mon corps fait le bien. Viens, si tu ne crains pas que je fasse valser la coupe de champagne négligée sur la table de nuit. Viens, si tu ne crains pas, que tout ceci ne soit qu’un rêve inachevé. Viens, si tu acceptes de croire que toi seul sait me faire grimper aux draps, tes doigts ou ton sexe. Ta langue, va savoir. Crois ce que tu veux, et acceptes le cadeau que tu me fais.

Viens si tu es aussi fort que ma jouissance, aussi fragile que l’eau qui ne capture, aussi vulnérable que l’enfant joueur. Laisse-toi aller. Sinon, ne viens pas, ne viens jamais. Si vous venez, soyez-vous. Il y a un enjeu, un seul : le délice du présent.

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Illustration : Allen Jones RA, Luxe, Calme et Volupte, 1978


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