Poésie


Canis lupus familiaris 2

Il me regarde de ses yeux vifs. Plongée dans leur brun profond, je me laisse sourire. On dirait, oui on dirait cela, on dirait qu’il m’a choisi. Je ne sais que faire.  Je m’agenouille face à lui. Je pose mes yeux contre les siens. Il me parle sans mots. Il ne connait pas mon langage. Je ne connais pas le sien. Déjà, quand il sautait le long du grillage, parmi les autres, je l’avais remarqué. A moins que ce ne soit le contraire. C’est le seul à poil ras, brillant, brun aux reflets d’or. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu envie d’adopter un chien. Mais je ne […]


Langueur d’été 4

Au soleil des soirs, mes seins réchauffent le coton blanc. Au jet du matin, mes seins se dressent sous la douche. Avec application, je passe le jet sur l’un et puis l’autre, puis sur les lèvres en bas. Trois fois rien, bien moins que ton sexe entre mes reins, bien plus que la langueur de l’été en cage douce. A la lumière douce, le sein s’échauffe, dernière tiédeur avant la nuit froide et glacée. A la lumière dorée, les grillons chantent l’éternelle après-midi qui déjà s’enfuit. Chaque minute mes fesses se décalent d’un cran pour suivre le déclin du soleil, bien plus lentes que sous les coups arides et doux […]


Clochette câblée 8

C’est un elfe, c’est mon elfe encore, c’est faux, mais c’est un autre. Il revient la bonne étoile, il revient sous des formes éphémères, il revient toujours aux doigts de fée, la fée du foyer, gender fuck aussi. Toi mon sein ne t’emballe pas, s’il te plait reste terre, s’il te plait ne décolle pas du sol, ne me suspends pas aux polyphonies des corps ni aux polysémies de tes sens. Garde-moi au sol. Garde-moi au sol ou soulève-moi à peine pour soulager ma folie. Je veux m’arracher à cela, je veux m’arracher du cosmos, je m’arracher mais je suis liée pied et point aux elfes des contrés, à l’idée […]


Tout contre le ciel

Au fond du foyer dormait la fée, allongée à demi-nue, le regard pétillant de clochettes invisibles. Je l’ai prise entre mes mains, sans savoir que je découvrais-là le trésor du logis. Posées sur les roches ancestrales, déposées sur la pierre de gris et de beige mêlés, sont les pénates de l’elfe. Sur la pierre rugueuse, le roi et la reine flanqués de fous aux tours damiers restent de bois. Gravés dans la pierre les signes, et l’autre fée présente son cul à la corde rouge. La flamme du soir habillera la cire sage qui décore la peau à l’heure précise. L’âme effleure la margelle blanche. Une pièce de bronze, fendue comme […]