Fantasmes


Café du dimanche matin 2

Il déambule dans la cuisine, à moitié réveillé, un mug de café à la main. Il est vêtu d’un pyjama bleu-clair dont le pantalon est à carreaux bleu et blanc. Il aime cette cuisine et côté rustique-pas-fini. Un pilier de bois trace d’une ancienne cloison, sert de délimitation avec la salle à manger. Une table blanche, simple. Un timbre d’évier à l’ancienne. Un tableau très coloré au mur. Quelques photos de paysage accrochées à une cordelette par des pinces à linge en bois. Il se sent bien ici. En passant la porte de la cuisine, elle sourit : cette manie de remettre un pyjama au lever l’a toujours amusé. Quelle pudeur […]


Elle est belle

Elle est belle. De l’autre bout de la rue, j’ai vu son rouge, celui de ses lèvres, celui de son foulard. Je m’assois à leur table. Elle est loin de moi. Belle du jour qu’elle a traversé, le rouge un peu effacé, de la lèvre au doigt, une cigarette. Fascinant. Elle est suffisamment éloigné de moi pour que je puisse la regarder tranquillement et l’écouter. Ses yeux s’illuminent dès qu’ils  parlent à son amoureux. Elle est belle, altière et blonde. Son cou dégagé me murmure de jolies images. Ses yeux sont colorés et sa bouche est intelligente. Libre et bonne élève à la fois, elle danse quand elle marche. Je […]


Barbe aux seins 1

Les yeux sourire, je passe la main dans cette barbe. Toute la réunion, je l’ai regardé, triturée par une main routinière. C’est un petit geste de rien. Les doigts s’ouvrent, se glissent dans les poils grisonnant, se referment et remontent vers le menton. Ce petit jeu continue tant que ses yeux sont rivés sur des consonnes sans queue ni tête. Les yeux fermés, je laisse descendre cette voix profonde dans les méandres de mes convoitises. Elle se coule entre mes seins, contourne mon nombril, sursaute le pli de mon ventre, soupire les lèvres, caressent les poils, se glisse tout au bout. La voix raconte des trucs imbitables. La voix est […]


Ailleurs 4

Certains hommes envoient des poèmes, d’autres des pornos. Il est de ceux-là qui écrivent des poèmes et envoient des pornos. De quelle douceur est son cou ? Tandis qu’il me parle, je voudrais connaître la couleur de son sexe. C’est joli Paris dans ce petit square au soleil. Je ne m’y étais jamais arrêté, là sur un banc vert, ni à côté de lui ni seule. Je passais pressé. Debout dans son costume de bureau, il me fait signe, un petit bout de sandwich déjà entamé entre ses doigts. Un bâtiment blanc nous regarde. L’air est doux. Je voudrais connaître le parfum de sa peau et la délicatesse de ses détours. […]