Émois


Fantôme sans corps

Je me retournais, tu étais là. Je me retournais encore pour serrer le sommeil contre ma poitrine, tu étais là. Je me retournais à nouveau pour m’abandonner au repos profond, tu étais là. Ton visage, ton rire, ton cœur, tes bières, tes cheveux si courts, ta douleur, ton care, ta carapace, tes oublis, tes fissures, tes délicatesses, ton humour, tes peurs, tes poèmes denses, tes intenses, ta présence, tes ailes, ton iel, mon âme a tout emporté. J’entendais nos bouteilles de bière s’entrechoquer. Je sentais nos mains se checker. Nos épaules se touchaient presque sous les voûtes. Qui es-tu, puisque je ne connais que la surface de toi ? Qu’est […]


Valentin.e

Je voudrais te dire ce truc que je ne sais pas dire, un truc ouffissime , un truc qui fait dérailler le ciboulot. Mais, voilà, les mots me clouent le bec. Je suis au sol chaque fois que j’y pense. Je suis au bout de ma vie à rester dans le silence. Je suis au bout de ma vie quand j’imagine te dire. J’avoue, je te kiffe. Je te reluque avec envie. J’avoue encore que j’ai le cœur en chou-fleur quand je m’arrache le dimanche soir. Je voudrais que ça passe crème entre nous. T’inquiète bébé, on s’ra bien même si on se dit les mots jachère. J’aimerai te conter […]


Juste OK 2

Ça s’appelle désir. Face à face, j’perds la parole. Pile à pile, j’perds le tempo. Je pourrais dire n’importe quoi, même parler de boulot, pour casser le silence. Je patauge dans le désir, je ne sais pas, je n’ai pas les codes. Il me faut tout réapprendre. Il me faut casser la facilité.  Oh, j’ai déjà caressé des seins et plonger ma langue sous les méandres. Je suis allée de côté, sexualité alternative comme on dit. J’ai voulu essayer, tout essayer. Des filets hétéréo m’ont englué, des haches normées m’ont taillé les yeux. J’ai mis des pantalons mais je suis toujours resté à ma place. Je voulais trouver, alors j’ai […]


La nuit, je vis 1

Plus rien n’entre ni ne sort. Pas de ma chatte. Plus rien ne sort de mon cerveau. Je n’arrive ni à lire ni à écrire et encore moins à lutter contre ces fichues répétitions, drogues de mes synapses. Si au moins elles me servaient à écrire du rap. Mais, non. Impossible de capturer la moindre phrase pour l’atelier d’écriture à distance. Rien. Vide. Aucune tâche qui construirait un futur n’arrive à franchir les barrières de mon ennui. Même les chimères aux yeux ouverts me sont inaccessibles. Mon imagination applique la distanciation sociale, strictement. Seule la nuit m’apporte une multitude de rêves. Quand je sors de mes murs pour aller au […]