chemin de fer


Filet 1

Par trois fois, je suis revenue de voyages immobiles scandés par le bruit des trains en vallée. Tantôt squaw au poteau, tantôt feuille raide suspendue au néant, tantôt comme on dit là-bas, tantôt gambas à la queue de sirène, ma peau est en érection. Chaque pied monte, chacun tente d’être docile mais cela ne se décide pas à coup de volonté. Tout à l’heure, je saurais me faire algue dans le courant, mais tout à l’heure seulement. Les sens en érection, les wagons lointains, la chaleur de l’été sans fin, la respiration, le métal pointu sur les cuisses, tout ceci n’a aucun sens. Des pointes roulent sur ma cuisse comme […]


J’ai écrit sur ton sexe 1

Trois mots silencieux sont à quai de gare. Clac. Plus fort que clac, les sens sont vifs. Chaque bruit, chaque sensation sont devenus une intensité douloureuse comme le réveil après les nuits de chair et de dévotion. Trois mots silencieux sont à quai et le regard se détourne trop plein. Elle porte de jolies chaussures compensées, avec des brides d’or et de peaux écaillées. Elle me sourit, elle dit au revoir. Elles se tracent de signes sur le hublot allongé de la porte désormais fermée. Leur index se touchent à travers la vitre froide et déjà l’absence a repris ses droits. Elle n’a pas pleuré, elle n’est même pas triste. […]


Trousser bagage 1

Derrière le rideau de pluie, tu t’en iras. Déjà parti, ton sexe en rut jamais ne s’arrêtera aux frontières des âges. Nous étions en transit, bagages posés dans l’aérogare mauve. Le ciel était vert de jalousie, l’été bientôt s’éteint. Ton vol part à l’ouest, et moi je n’ai pas encore choisi mon terminal, ni même la correspondance. Je n’ai pas  de billet en poche, tu m’a donné l’obole et les pagodes ramenées de là-bas. J’ai embrassé ta vie sur un coup de roulettes russes. J’ai voyagé, aussi. Il y avait des fêlures dans le cuir de nos cœurs. Nous avons rempli la vie de fleurs sauvages, là-haut dans les nuages […]


L’eau pour le café 1

J’ai couru dans la rue, j’ai couru sur les quais, j’ai couru dans l’autre sens, j’ai chaud. Trop chaud. Mon t-shirt colle à la peau. Je m’assois dans ta cuisine, j’ai trop chaud, j’enlève mon pantalon et mon t-shirt. Le stress, l’adrénaline, la fatigue, mes jambes tremblent. Tu poses un coussin sous mes fesses, tu poses ta langue sur mes lèvres. Je te demande si le coussin ne craint rien, quand j’y pose mes fesses libres. Nous avions vu la fille nue qui se levait pour prendre un café. Nous nous étions tus, je regardais et tu avais dit les mots de l’apparition matinale. Nue, sans atour, sans détour, sans […]