Fantôme sans corps


Je me retournais, tu étais là.
Je me retournais encore pour serrer le sommeil contre ma poitrine, tu étais là.
Je me retournais à nouveau pour m’abandonner au repos profond, tu étais là.

Ton visage, ton rire, ton cœur, tes bières, tes cheveux si courts, ta douleur, ton care, ta carapace, tes oublis, tes fissures, tes délicatesses, ton humour, tes peurs, tes poèmes denses, tes intenses, ta présence, tes ailes, ton iel, mon âme a tout emporté.

J’entendais nos bouteilles de bière s’entrechoquer. Je sentais nos mains se checker. Nos épaules se touchaient presque sous les voûtes.

Qui es-tu, puisque je ne connais que la surface de toi ? Qu’est ce que je projette sur toi ? Pourquoi est-on attiré par l’âme d’une autre ? Pourquoi veut-on la prendre dans ses bras ? Et si on finit par lui faire du mal ? 

Je me retournais encore, le sommeil s’était évanoui. Ton souvenir diffu était présent à la nuit.

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