De sexe et d’eau 21


Il est doux de vous connaître. Il est sauvage de vous connaître.
Il est évident de vous connaître.
Il y de la folie. Il y a des déclamations.
Il y a d’infimes effleurements
Les débauches
Des mots élégants, des vous écrits et des tu pénétrants.

 

Votre doigt, le long de l’aine, votre doigt sait. Nous le savons. Il est direct. Il sait, il peut. Toutes les portes furent déjà ouvertes, en secret. Mon con sous vos doigts flotte. Mon corps s’alanguit sous les eaux, la tête en flottaison. Votre sexe à l’orée du mien, sans y venir, sans en partir. Mon bassin aspire à votre coup d’épée dans l’eau. Il mime la luxure. Effleurements de sexes sous-marin. «Je me consume de désir» glissent mes lèvres à votre oreille. Quelques gémissements contenus. Nos lèvres en baisers fouillants, le désir exsude. Si sensuel, si complice et si sexuel. Nos sexes au bord de nous, les flots nous portent, les flots nous cachent. Il fait bleu. Ici le sexe est interdit. C’est quoi le sexe ?

Là debout ce corps à barbe regarde.

 

Sur la margelle des eaux libertines, vous êtes assis droit et fier. Que je l’aime, la vôtre. Presque inconnue et tellement évidente. Il n’est de mots pour savoir ce que vous souhaitez.  J’ai le plaisir de jouir de vous. J’aime ce vit-à-vie, j’aime vos gémissements guides infaillibles. Je l’aime chaussure à ma bouche, fermeté large et sensualité à toute épreuve. Je sais où je vais à vous, je sais où vous allez. Je vous connais à peine. C’est une évidence.

Dans le coin, je sais cet autre lui. Mais je ne suis rien qu’à vous. Mon corps est habillé de lumière et de bulles. Ma langue joue à vous faire gémir. Ces bulles enveloppantes sur mon corps. Je m’agenouille sur la margelle, question de commodités tout à fait terre à terre. Je suppose cependant le spectacle que je donne à voir. Ma bouche happe, ma langue lape. Il est même des profondeurs que j’ose franchir avec vous. Je ferme les yeux pour concentrer le plaisir.

Je lève les yeux vers vous d’un sourire ravi. Vous me souriez et me dites qu’il est temps de s’exiler. Je me retourne : quatre ou cinq corps dont je me garde de croiser les regards. Je me sens proie. Quand la porte se referme sur le grand lit, quand nous gémissons à nouveau à travers les murs, ils parlent échangeurs d’autoroute. Je n’ai pas la force de mettre un contour sur le visage de ces corps. Ils resteront fantômes en serviette, spectateurs impuissants ou ravis, je ne veux savoir.

Sous la porte cochère, vous baisez ma main.

A demain pour la bise.

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