Poésie


Langueur d’été 4

Au soleil des soirs, mes seins réchauffent le coton blanc. Au jet du matin, mes seins se dressent sous la douche. Avec application, je passe le jet sur l’un et puis l’autre, puis sur les lèvres en bas. Trois fois rien, bien moins que ton sexe entre mes reins, bien plus que la langueur de l’été en cage douce. A la lumière douce, le sein s’échauffe, dernière tiédeur avant la nuit froide et glacée. A la lumière dorée, les grillons chantent l’éternelle après-midi qui déjà s’enfuit. Chaque minute mes fesses se décalent d’un cran pour suivre le déclin du soleil, bien plus lentes que sous les coups arides et doux […]


Nature mouillée 2

Assise sur le tapis jaune, par la baie vitrée je soupire les gouttes qui restent accrochées au ciel gris. Il fait si vert que ce n’est pas l’hiver. L’herbe patiente, les tiges roses  penchent, courbées sous la douceur de la pluie. Alain chante pour le silence. Le vent caresse les feuilles aux verts d’argent. Elles frissonnent de désirs, se laissent prendre par le souffle tiède de l’invisible concupiscence. Les rameaux s’agitent et des flaques de plaisir s’écoulent jusqu’aux sols fécondés. Une balle, attachée pour amuser les nouveaux nés doux, est le pendule des longues heures vivantes. La vieille table s’effrite sous l’eau, l’immobile création humaine. Alain défonce encore l’humide pensée. […]


Sans halte 6

Il y aurait encore le parquet sonore et le son du piano grave la voix de l’homme le désir à même les peaux mon sexe contre le vôtre se perd de soupirs sexes nus l’étape votre gland contre mes lèvres pas encore ce n’est pas le temps des ébats si loin Contre la table peut-être le lit c’est la dernière halte de repos celle des couples le salon c’est au début je dis tout cela mais c’est faux dans ma tête je vais du lit à la nuit sans être mariée ni même avoir envie de couple. C’est étrange toutes les saveurs de votre sexe mouillé sur le coin de […]


Mes œufs 3

La porte était ouverte. Il faisait froid dans la maison, humide et uniforme. La porte était jaune, alors je suis passée au travers. Dans le jardin, la foule avait disparue, l’herbe était gaillarde au soleil tiède. J’ai respiré. Le brise se dessine sur le jeune visage des feuilles. Je progresse de quelques pas, pieds nus. Le sol est d’une douce rugosité fine. Sur mes joues, les larmes collées s’évaporent. Là, au pied d’un jouvenceau aux branches frémissantes, un ovale rosé est posé sur l’humus odorant. Je m’approche. L’herbe caresse la plante de mon pied. Au loin, le ciel frisonne d’un bleu ni vert ni gris. Je fais glisser l’ovale dans […]