Boouuh sortez les mouchoirs


Suzanne 1

Derrière le mur, sous les arbres, je prenais mon bain, nue sous la bise. Je posais mes pieds dans l’eau fraiche, c’est mon oasis en mon sein. Il faisait beau. La vie était simple. Chaque goutte d’eau était autant de liberté. Un sourire était sur mes yeux. J’étais au monde sans rien lui demander. J’étais nature sans vigne vierge, rouge d’automne, ondulée des âges. L’air sur ma bouche se faisait instinct. Je communiais avec l’atmosphère. Éternel présent. Là derrière, les hommes regardaient. Ils auraient pu contempler le trou de la serrure. Ils auraient pus être au présent sans voile. Ils auraient pu respirer l’air et la chair et la chance. […]


Contredanse 1

Un critérium à la main, j’ai effacé les flèches sur mon agenda. J’ai fini de vider la valise, trace de mon précédent transport. Je l’ai rangé sous l’étagère. Je regarde ce matin, les bijoux que je voulais mettre. Ils resteront dans leur boîte chinoise, laquée de rouge et de voyage. Dans un mouchoir, j’ai recueilli les larmes du soir, et ce matin je les ai secouées sous la pluie fine. Dans la salle d’armes, j’ai trié mes espoirs et la lune s’est enfuit aussi. J’ai mis la musique à fond. Devant toi, je me suis plantée, j’ai relevé un peu ma jupe droite sage. Elle est passé de genoux à […]


Opale 5

Mais comme tu es parti, je vais faire repousser ma chatte. Il y aura des poils partout entre les dents des autres. Même entre leurs côtes, je faufilerai mes poils. J’en mettrais plein les draps blancs, des poils noirs comme s’il en jaillissait de mes flans abandonnés. Partout, bordel ! Entres mes cuisses, l’insolente toison dépasse même de la culotte, conquiert mes cuisses, poil par poil, noir sur ma peau trop blanche comme une opaline fragile. Dans ton cul, l’opale. Adieu, et vive les poils, écrirai-je sur mon fronton avant que le blanc de mes cheveux deviennent une auréole décrépie. Je loverai mes vergetures entre les cuisses des femmes fermes […]


Agression à caractère sexuel 3

Baupin, salaud. Il y avait eu DSK avant, mais je n’étais pas prête. A cette époque-là, je pensais :  «DSK est une ordure, mais cela ne me concernait pas». Peut-être parce que cela se passait loin, en Amérique. Je me disais, ils sont tous comme ça, les politiques. Je me disais, si on l’a pris la main dans le sac (à couilles), lui le président du FMI, c’est pour qu’il ne soit pas élu. Je ne suis pas une fine analyste politique. Pire, c’était une femme de chambre noire qui fut agressée, et cela ne me concernait pas. Il n’y a pas longtemps, trois jours exactement, j’ai pris conscience en […]