Variation de l’amour 3


zinsner

Je suis la variable, celle qu’on ajuste, le bas qui tourne au grès des mouvements. Je suis la variable de ton amour, le second absent que la vie prend par derrière. Le blues est un chewing-gum collé sous le cortex. A ses côtés, gaillards, quelques souvenirs gravés à coup de sexe se patinent sous la cire des survivances. Sur le bureau de la folie, mélancolie danse à moitié nue. Elle attend quand même le charmant qui ravira le cœur jusqu’au toujours des étoiles caressantes. Elle offre son étoile aux doigts glacés des gâteaux trop sucrés. Sais-tu que l’encrier ne peut remplacer la présence dans le lit qui toujours revient les nuits retournées ?

Je veux les grésillements du vinyl quotidien. Je veux la liberté de l’arbre volant qui sans cesse revient au nid. Je veux ta peau sans apprêt. Je veux que chaque perle de tes sueurs goutent sur mon visage. Je veux que ton foutre parfois arrose les seins des sirènes. Je veux ton foutre pour ma consommation personnelle. Tu sais bien que je n’aime pas le coca.

Je m’en vais ce soir, dis quand reviendras-tu ? Oui je m’en vais ce soir, je suis venu te dire que je m’en vais, sans oser te parler, au revoir mon amour. Je ne me gare plus en double file devant l’hôtel des vieux amants. De vous à moi, vous m’avez eu mon amour. Nous nous sommes tout permis, m’extraire du cadre, chaque instant comme dernier présent. Je sens des boums et des bangs. Je t’inventerai des mots insensés comme une intime évidence. On a cent mille choses à dire qui tiennent trop à cœur pour si peu de temps. Je veux brûler pour toi, je t’en remets au vent.

***

Le dernier paragraphe est un medley. Vous y trouverez : Thiefaine, Dominique A, Alexis HK,Brel, Gainsbourg,Jo Dassin, Farmer, Goldman,Barbara…

Illustration Margaux Zinsner


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

3 commentaires sur “Variation de l’amour

    • MarieTopic Auteur de l’article

      Merci Emma. C’est toujours un plaisir de te lire ici.
      Les petits mouchoirs, c’est comme les petits papiers d’arménie ou de papiers de soie

  • Paul Auster

    Un cœur penché sur une épaule
    La fraîche coulée d’une larme tiède sur la peau
    Attendre l’un, l’une seule au milieu de tant d’autres
    Certains moments ne valent ils pas cent plaisirs.
    Se retrouver, se re trouver, au bout de soi.