Trois temps de la valse


C’est une danse en trio. Des pieds graciles sans chaussure glissent les rythmes sur le parquet. Pointe tout contre les peurs. Elle se cambre sous la pluie, goutte drue sur son dos. Chacun de ses seins encaissent la vie avec grâce. Ils se dressent face au ciel. Pieds contre-danse. L’un après l’autre, noir sur peau. Beige en percussion. Deux hommes et une femme. Son ventre frappe les cuirs. La grêle s’abat sur son dos. Pointe de pied. Pied le long du mollet. Stop and go. Elle tourne désir. Impulsion. Ouragan sur les côtes. Elle se heurte. Elle tourne le dos, le ventre tendu. Poings liés, pieds libres. Sa vie claque au vent. Pointe le parquet. Yeux clos. Polka cinglante. Volée de bois vert. Elle danse, gracieuse, forte.

C’est une danse en trio que son cul réclame. Il se tend. Il hurle : marque-moi ! Elle sourit sous la pluie drue. Dans son dos   se dessine un feu d’artifice. Poings liés, pieds libres. Elle rit aux éclats. Sa peau percute les noires sans silence. Elle défie les cieux. Elle défie les hommes. Nue sous les toits blancs. Elle réclame de tout son corps. Deux hommes, une femme. Et le temps qui frappe. Son regard est une provocation. Elle veut la dernière impulsion, celle qui la fera fondre sur le parquet. Elle combat. Elle désire. Son cul colore les airs. Poings libres, pieds couchés. Elle éclate de rire.

C’est une invitation. Je lui ai demandé la danse comme on propose de baiser. Comme ça sans sommation. Cet autre avait dit : oui, on y va tout de suite. J’ai attendu la danse des autres, le ventre serré. Je voulais ses yeux clairs. Et les yeux profonds. Et ceux de mon port d’attache. J’ai attendu mon tour, gorge nouée. Nue sur le parquet, poings liés, pieds libres. Taureau avant l’entrée dans la danse, mon pied râcle le sol. Je connais la musique sans savoir où va nous menera la partition. Entre mes bras, je cache mes peurs. Il va bientôt pleuvoir du feu. Tourne les mains, danse les florentines. Demain, je serai plus forte que vous tous. Demain, je défierai les temps et les mails, les chefs et les cons. Je suis bien plus forte que tout. Le poids des cuirs sur mon dos. Doux, intenses, chauds. Ils sont deux à tourner autour de moi. J’ai déjà oublié la musique. J’ai laissé tomber les craintes. Les yeux clairs chavirent mes chairs. La pluie devient grêle. Tape du pied, tape, tape encore. Le sol ne se dérobe pas sous les percussions. Cymbale sur le ventre. Eclat de colère. Vie en surplus. Eclair sur ma chair. La main m’enserre. Poings liés, pieds libres. Il en profite, le con. Tape la vie. Tape du pied. Je rends les valses. Je coule.

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