Trip 2



Ce sont des voyages dont nul ne sait quand ils commencent. Ils prennent source dans les sourires. Ils sont volutes entre deux mots, vent dans les caves, pierre sous rivières, feuilles de métal souple, traces dans la chair, morsures vertes. Ils sont des oiseaux dansant sur un tissus rouge qui glisse sous des fesses larges. Nul ne sait quand on en revient.

J’ai vu l’homme arracher le tissus imprimé des reins de l’autre fille. D’une main sûre, il l’a fait volé. Elle avait les mains liées, les cheveux libres et les seins pointus. Elle se tortillait comme une carpe prise dans un filet. Elle se glissait dans le jeu aussi surement qu’une poupée vaudou piquée de désir. Elle est belle, tu sais, ta captive volontaire. Elle a le goût de la mer sauvage, elle a l’amour chevillée au corps. Sa ligne de vie est violette.

Les oiseaux s’envolent peu à peu l’un après l’autre. Chaque  douleurs s’échappent de la cage, ils deviennent l’âme. Ils s’apprivoisent, papillons sous les seins lourds de sens. Ils s’enroulent aux arcanes du cerveau qui pense trop encore. Ils guettent le moment où ils seront eux-mêmes, animaux sans crainte. Ne plus guetter, ne plus penser, ne même plus vouloir de ne pas vouloir. Les oiseaux s’enroulent aux jambes.

Les mains entre les cuisses, le jute sur la fleur, mes râles montent pour moi-même. Un homme, au loin, se mêle à mes gémissements. Je suppose qu’il se branle. Je ne veux voir qu’une forêt de pieds. Il se branle comme ceux qui lisent les mots d’ici. Mes râles sont en pâture pour les carnassiers. Mes mots sont en nature pour les imaginaires. La tête écrasée sur le matelas rouge, je suis ici et ailleurs.

Les mains attachées à l’escalier, la longe de plaisir, je voudrais m’attaquer à votre piquet. Les mains libres tapent la mesure sur le matelas. Elles serrent aussi fort le mollet qu’elles souffrent. Elles claquent les sadiques interludes. Les mains grattouillent une nuque qui se roulent de plaisir. Elles se faufilent entre les plis de la chatte. Elles font naître les sensations aux seins liés. Les mains voyagent entre les lèvres de la belle.

Les yeux brillent. Un baiser dit au revoir dans le RER. Les mains se serrent contre un ticket de métro. La gare est seule, les pas résonnent dans la nuit vide.

***

Illustration : Attila Sassy


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

2 commentaires sur “Trip

  • Gier13

    J’ai lu nu dans mon lit. Je ne me suis pas branlé, comme le suggère votre texte, j’ai bien baisé jusque vers 1H du matin et je suis repus. Mais j’ai fini la lecture avec la queue bien raide. Et c’est ainsi que je vous écris et vous remercie pour ce joli texte !

    Carnets d’Eros ou Gier. C’est comme vous le voulez !