Tout contre le ciel


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Au fond du foyer dormait la fée, allongée à demi-nue, le regard pétillant de clochettes invisibles. Je l’ai prise entre mes mains, sans savoir que je découvrais-là le trésor du logis. Posées sur les roches ancestrales, déposées sur la pierre de gris et de beige mêlés, sont les pénates de l’elfe. Sur la pierre rugueuse, le roi et la reine flanqués de fous aux tours damiers restent de bois. Gravés dans la pierre les signes, et l’autre fée présente son cul à la corde rouge. La flamme du soir habillera la cire sage qui décore la peau à l’heure précise. L’âme effleure la margelle blanche. Une pièce de bronze, fendue comme le sexe d’une femme, se dore auprès de la fée. Et les mousquetons gravissent les montagnes.

[Tout contre le ciel, la trace blanche tendue ]

Sur le fauteuil d’Emmanuelle, je lui ressemble parfois à la brune aux cheveux courts. On me l’a dit autrefois. Tout contre l’osier, trône le buste de la sirène aux écailles de mosaïque. Il éclaire les murs, le sol et la peau d’une couleur lupanar. Fier et doux, capiteux et subtil, se dresse le faux lys trop large et envoutant. Comme les roses blanches et jaunes arrivées au port de l’elfe coupeur de poisson, le premier, celui qui d’un doigt agile a fait naître la jouissance, le lys d’un autre nom se grave entre mes parchemins.

A côté, la pièce noire est, dit l’elfe, une chambre dont je ne connais pas encore la couleur des draps. Je ne sais pas non plus qu’il y habite une transparente colocataire, perchée sur des fils. J’ignore que sur la commode, sont posés les livres qui manquent avec cruauté dans le salon. Ils ne sont pas non plus sur le balcon, j’ai vérifié.  Je ne sais pas encore.

Au balcon rien, je ne sens rien, mais j’aime les nœuds précis qui laissent passer le ciel rose comme les fêlures de l’âme. Sur la photo, un sourire. Il est beau ce sourire, cela me trouble un peu, mais tous les sourires me troublent, presque tous les yeux d’hommes sur les miens chavirent mon vert. Alors je n’entends rien. Les volutes sur son visage caressent la lumière chamarrée. Contre le mur, les ombres se lovent, longues au fur du temps. Pierres dorées

Chacun des nuages s’accrochent à la toile. Les araignées sont les belles ici, et les transparentes du petit matin tiède. Celle-si se balance, se balade, nue et claire. Ses pattes dansent, d’un pont à l’autre, d’un fil ailleurs, sans fil à la pâte et le fil toujours prêt à se faire. Araignée mystique dans les draps rouges.

[Tout contre le ciel, le blanc est tendu ]

Tu veux essayer. Oui.

***

Illustration : Photo perso

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