T’inquiète des patrons, j’en ai baisé avant toi !


Dans quel état retrouverai-je mon sexe ? Le retrouverai-je ? Sera-t-il dur comme un bois mort ? Friable comme un cœur triste ? Le chemin s’ouvrira-t-il encore ? J’ai la clef autour du cou, et plus personne pour la descendre du nombril aux interstices. J’ai le tour de main et la langue bien rodée. Il n’y a plus de sexe dans l’enclos, soupirent les moutons planqués sous le lit. La fin de l’été sonne en printemps de pluie. L’eau de la fontaine ne se boit plus qu’à gorgée absente.

Étoile de mer à large sexe affalé dans son canapé à gros salaire. Le sexe est aveugle quand il a faim. Morse enlisé. Étoile de mer dans mon sexe qui -le con !- s’est fait la malle entre les ressacs de la peau. Échoué sur une table laquée blanc, même le lustre est numéroté. Ta main malhabile d’un désagrafage hésitant à un enfilage grinçant. Ma main habile a gardé sa dextérité sur la ceinture et dessous aussi. Entre ton sexe et moi ne s’échauffe que le silicone poussif.  Étoile de  clichés, alors tu n’es pas déçue ? T’inquiète des patrons, j’en ai baisé avant toi !

Dans quel état erre mon sexe ? Pauvre hère sans amarrage. Le long de la mer, je voudrais respirer le large. Sur mes lèvres, le sel d’une peau se coule sans heurt.  Une navette longue et épaisse se faufile sous le coton tendu. Une mouette crisse. Une autre hulule au fond des bois. Je m’envole, vois-tu ? Quelle langue sera le cap ? Quand je rentrerai au port, l’entrée sera-t-elle ensablée ?

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Illustration : Andrev Kovalev

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