Timide ode 1


Escalier ou ascenseur, les deux ont leurs charmes érotiques. Escalier, ai-je dit. Il est beau, a-t-il répondu. Il est  dentelles blanches sous mes talons noirs. Je remonte le pan de ma longue robe ondulante, pour gravir l’inconnu. Explorons.

Un long corps svelte, un regard droit et lucide, des yeux souriants et timides, que faire ? Tentures beiges, poutre châtaigne, lit blanc, fraises sur table, chemise foncée. Il fallait bien trois philosophies avant d’attaquer les mets précieux. Pourquoi de la veille au lendemain, l’effrontée se transforme en jeune première intimidé ? Personne ne sait comment le plomb se transforme en or précieux. Personne ne possède la formule pour transformer une robe de mer en chatte feulante.

D’un bouton à l’autre, un torse se fait mien sous les doigts. Commencez par les poignets, toujours, de sorte que lorsque vous enlèverez la chemise, le geste soit fluide. Une bretelle après l’autre, mes seins surgissent, étranges montagnes à explorer. Ils sont différents. Sachez-le. Toujours, une onde passe, frisson de désir et crainte de déplaire. Toujours se concentrer sur le meilleur. Laisser tomber la chemise en une flaque gracile. Nue.

Je ne sais plus vous raconter, les corps qui se trouvent ni les peaux qui se mêlent.  Je ne sais même plus comment vous dire les sexes ensembles, l’un dans l’autre, l’autre enserrant l’un. Les gémissement sont doux, les tentures beiges oubliées, les respirations saccadées. Sucer le temps à plein langue, tourner autour des souffles tendus, respirer à grande goulée chaque instants. Les peaux se retournent, d’autres sexes s’ouvrent de part et d’autre. Au fond, la petite boule douce amène aux plaisirs, tout en douceur. Je ne sais plus vous dire l’intense alchimie ni les yeux qui se dévorent de désirs.

Vous sentez le sperme, madame.

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Illustration : Rita Renoir

 


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