Tape dans la barbaque 13



Hamburger de bistrot, je vais te dévorer le gigot.
Large, épais, chair. Faim de toi au loup.
Toi le guerrier, l’homme, petit, fini, fourni
Ce poisson au bistrot, tu lui avales le bulot.

 

Ce soir j’ai faim. Donne le pain, aspire le vin
La bouche immense, le steak, le ketchup
Con cornichon qui se fait la malle
J’en mets partout. Je m’en fou

Toi mon gigot, tu vas prendre gros

Saliver, regarder, les dés sont jetés

Inverse sans verser. Valser entre deux cafés.
Après s’en souvenir. De ton corps ferme.
J’attrape mon foulard. Prends le départ.
Adieu le bistrot. A moi ton gigot. D’agneau

 

Ce soir j’ai faim. Très faim. Et toi tu préliminaires.
Laisse tomber la fadaise. Laisse tomber, englouti-moi.
Mon sexe hurle. Entend la perle
Comme un sauvage, tu crains. Viens.

 

Rien, rien, ne peut troubler mon appétit.
Rein, coup de rein, encore et mes jambes écart.
Bute. Bute. Rebute. Et reviens. Inon-dations.

 

Allongé, tu reviens. Alanguie tranquille.
Tes mains écartent. Ta langue et la voie lactée.
L’étoile méridienne. Tu fais le beau, tu fais le pont.
Ma main huilée sur tes reins. L’étoile de l’agneau.
La grande Ourse, mon gigot. Mon doigt gras.
Grignote tes entrailles. Ton doigt au même chemin.

 

Ce sexe, garni. Conquérant, redoré. 
Fiche-le-moi dedans.
Rentre dans le beurre.
Je vais t’épuiser, je vais te faire suer, te faire rendre ton jus.
Je tombe épuisée. Partie, dissoute.
Clouée au lit.

***

Illustration :  Apollonia Saintclair  L’invitation


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