Voyage


Heures nocturnes 1

Il faudra, dit-il, qu’un jour nous puissions trouver ce temps pour nous, ces heures nocturnes que nous épuiserons jusqu’à la dernière seconde. Une nuit, il sera temps. De longues heures nues, enlacées entre des draps blancs, douces, seins contre torse, le monde sera à nous. Si nous en avons le courage, nous sourirons silencieux face au destin joyeux. Il est des routes rousses où le sexe est simple comme un oreiller blanc. Il sera une nuit où les chattes ne sont pas grises. Que savez-nous de nos corps, de leur langage ? Sauront-il se parler ? Je ne suis pas belle au sens plastique de compétition. J’ai le ventre qui […]


Gorge 1

Comment peut-il y avoir autant de douceur dans ses yeux là ? Comment peut-il y avoir autant de batailles entre deux peaux ? Mes cuisses enserrent son cou, fort aussi fort que la nature me l’accorde, aussi fort que le désir me l’ordonne. Un petit animal me dévore le cou, me mord la plante, je couine petit animal prise au jeu. Dans le métro, sa main contre mon dos  me fait frissonner du souvenir de ses lèvres. Ma gorge se mouille. Les vagues des rails me ramènent à son corps, irrésistibles secousses. La langue sur la pointe, je tourne et aspire. La peau se tend, grandit dans ma gorge. Va, […]


Trip 2

Ce sont des voyages dont nul ne sait quand ils commencent. Ils prennent source dans les sourires. Ils sont volutes entre deux mots, vent dans les caves, pierre sous rivières, feuilles de métal souple, traces dans la chair, morsures vertes. Ils sont des oiseaux dansant sur un tissus rouge qui glisse sous des fesses larges. Nul ne sait quand on en revient. J’ai vu l’homme arracher le tissus imprimé des reins de l’autre fille. D’une main sûre, il l’a fait volé. Elle avait les mains liées, les cheveux libres et les seins pointus. Elle se tortillait comme une carpe prise dans un filet. Elle se glissait dans le jeu aussi […]


Où les pieds sont chats 2

Sa tête caresse mes pieds. Allongée au soleil un livre entre les pattes, je ne l’ai pas vue arriver. Elle est sorti de nulle part et sans prévenir, elle se caresse contre moi avec application. La tête, le cou, les oreilles. La voilà qui mordille mon gros orteil. Je la laisse faire craignant de déranger son plaisir. Ma chatte est soyeuse et noire, doux velours fourré. L’oreille encore, le cou. Mes ongles bleus ne savent pas bien ce qui leur vaut cette dévotion. Elle lèche, un peu, reprend ses caresses. Elle se fait plaisir sur mes plantes, les renifle, les lèche, les mordille. Et j’aime ça. Ma chatte câline, instinct […]