Sodomie


Immortelles amours 1

Je ne sais pas l’amour qui distille les pétales violets des immortelles séchées, qui se conjugue à trois, et l’autre encore dans la chambre rouge. Je ne sais pas. Et c’est quand l’amour, et c’est quand la passion. Et encore j’ai failli crier «je t’adore» à coup sexe arraché, or dans ma gorge l’intrigue sage s’est coincée. Adorer, ce n’est pas aimer. Qu’est-ce que c’est ? Assis face à face, je devine sans piper mot. J’écoute les interstices de ton cœur qui bat la mesure pianissimo. J’éteins mon sein puisque ce n’est pas de l’amour. C’est autre chose. C’est un truc, un drôle de truc. Mon cœur dans la ruelle, […]


Tirer un coup

Il mord le cou, juste assez fort pour que ma chair se prenne de désir. Il mord en préliminaire. C’est un guerrier que les dragons judicieux n’ont pas abattu, onze jours durant il a lutté. Il mord le cou, ça faisait longtemps, il dévore de convoitise. Il mord le tétons trop fort, il mord. Je râle un peu. Il sourit. Il a le sourire des poètes burinés par la mer. Il embrasse la possession au fond des lèvres. Il écarte les jambes, trop, trop fort. Écartes dit-il, écarte encore, tiens bien tes jambes. Ses doigts dedans, ça fait mal un peu dedans, ça fait mal et ça fait bien. Ma […]


Sidération 6

Tu viens, on baise ? Et aujourd’hui, comme il ne peut en être autrement, on va en parler. Je ne sais qui dégainera le premier. Seras-tu logique ou sentimental ? Seras-tu ému ? Seras-tu détaché ? Riras-tu ? As-tu peur de la mort ? Personne ne sait quels seront les mots, mais on en parlera. Aujourd’hui quelque soit nos opinions, quelque soit notre vie après la mort, quelque soit notre présent éternel et puis bastas, on en parlera. Aujourd’hui, dans notre ville, la pluie nous terrasse alors que nous sommes sans parapluie. Tu viens, on baise. Les soucis continuent de tourner, mais on parlera entre deux cafés, on en parlera […]


Qui possède qui ? 10

Nue plantée sur mes talons rouges, nue face à ton pantalon de toile, nue je défie tes yeux. Qui me possède ? Quand le temps sera accompli, quand l’urgence gagnera mon corps, je baisserai les yeux au sol pour que tu y ramasses mes fantasmes. Le doigt sur le cul, pour te montrer la direction. Tu crois que tu me possèdes, mon salaud, tu crois que tu me baises où tu veux, quand tu veux, dans le rouge que tu veux. Tu t’illusionnes, baby. Là mon doigt sur mon cul ne t’offre pas mon intime réduit. Mon doigt te prend le cerveau quand je veux, là où je veux jouir, […]