Saphisme


Fantôme sans corps

Je me retournais, tu étais là. Je me retournais encore pour serrer le sommeil contre ma poitrine, tu étais là. Je me retournais à nouveau pour m’abandonner au repos profond, tu étais là. Ton visage, ton rire, ton cœur, tes bières, tes cheveux si courts, ta douleur, ton care, ta carapace, tes oublis, tes fissures, tes délicatesses, ton humour, tes peurs, tes poèmes denses, tes intenses, ta présence, tes ailes, ton iel, mon âme a tout emporté. J’entendais nos bouteilles de bière s’entrechoquer. Je sentais nos mains se checker. Nos épaules se touchaient presque sous les voûtes. Qui es-tu, puisque je ne connais que la surface de toi ? Qu’est […]


Interdit de baiser 5

Interdit de baiser hors mariage Interdit de forniquer hors mariage Interdit la pilule baiser c’est enfanter Interdit la sodomie c’est … comme on dit Interdit les fellations le sperme c’est pour les bébés Interdit la masturbation le sperme c’est pour les bébés Aparté Les femmes ne masturbent pas même pas besoin d’Interdit Interdit les seins contre seins Et puis quoi encore Qui va s’occuper des bébés Interdit la langue sur la peau Un sexe dans un trou Et puis c’est tout Moi j’ai écrit pour exorciser, je suis me suis ré-Interdite. Je ne sais pas bien écrire le sexe sans la norme hétéro. Alors, je jachère, je désire sans écrire, je […]


La nuit, je vis 1

Plus rien n’entre ni ne sort. Pas de ma chatte. Plus rien ne sort de mon cerveau. Je n’arrive ni à lire ni à écrire et encore moins à lutter contre ces fichues répétitions, drogues de mes synapses. Si au moins elles me servaient à écrire du rap. Mais, non. Impossible de capturer la moindre phrase pour l’atelier d’écriture à distance. Rien. Vide. Aucune tâche qui construirait un futur n’arrive à franchir les barrières de mon ennui. Même les chimères aux yeux ouverts me sont inaccessibles. Mon imagination applique la distanciation sociale, strictement. Seule la nuit m’apporte une multitude de rêves. Quand je sors de mes murs pour aller au […]


Ça raconte Sarah 1

  Ça raconte la passion dévorante, la vie qui change par amour. Ça raconte les sorties d’école d’une professeure, le soleil qui bruisse entre les branches du désir. Ça raconte la chair et les soupirs.  Ça raconte la mer en Italie et les casseroles que l’on ressort de placards oubliés. Ça raconte l’emprise, et la mort aussi au détour d’un lit. Ça raconte la folie. Ça raconte Sarah. En tournant les pages de ce livre à la couverture blanche, vous vous sentez vite en terrain connu, entre ennui et question existentielle. Elle raconte sa vie. Puis la vie se noue dans les yeux de Sarah.  Et à nouveau, elle raconte […]