Poésie


Miscellanées

Tête sur bambou, le regard passe au travers la drogue rouge. Là-bas, une autre fille sourit, la tête contre le bambou en lamelles plates. Ses seins pendent, poires d’automne suspendues au crochet de métal. La maison est bourgeoise mais sans viking. La contrainte sent les huiles essentielles et la crème pour les fesses de bébé. Le rouge est unique. Instants flottants. Les mains contre la joue, je suis là. Il sent bon, ici. *** Sauvage après la peinture flamande, entre nos sexes se glissent le ciel. Les toits gémissent. Le métal prend la pose et les mains s’agrippent. Les baisers se faufilent entre la gorge et les sous-pente. Une morsure. […]


La marinière de la pompière 2

La marinière de la pompière tourne les sangs la marnière de la pompière tourne boule Mes sens   Le cri de l’enfante battue du ventre glacé les cris de ses aïeux pour elle et les cieux et sa fille   Le cri de la pompière au lit contre le mur Tape les voisins La vie contre sa peau   Elle aspire, elle a dit elle aspire Tatoueuse Tatouage entre ses seins Invisible   Entre ses seins truffe fendue Croquante Entre seins choisis J’ai plongé le nez   Le camion rouge rutile Le sourire du chef  pour elle Nos rires La marinière sur moi   Respirez monsieur 1 2 3 4 […]


Les mères te mènent en voiture 2

Clac. Le bruit familier de la portière me fait sursauter. C’est un jour comme tous les autres, aujourd’hui je m’enfuis loin, sans but, sans rien, je m’enfuis enfin. Ou encore. Chaque matin, ils croient tous que je pars travailler dans cette voiture beige. Mais tous les matins, je me sauve loin de la meute assoiffée de mon sang. Ils se nourrissent de ma vie depuis le premier jour où ils sont se sont nichés dans mes côtes. Ils ont commencés par prendre mes vitamines, puis mon temps d’éveil, puis l’intervalle entre la portière et le mur, jusqu’à  engloutir l’espace qui séparait mon ventre du volant. Puis, ils sont sortis ensanglantés […]


Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage 1

Que tu es beau. Je ferai le tour de ton corps, sans bruit comme une chatte autour de sa proie. Je ne te toucherai pas, même si mes doigts aimeraient. Dans les magasins d’étoffes, je caresse les soies et les cotons. Il me faut toucher pour croire en toi, en la vie qui glisse sous la paume, fluide ou taffetée. Je ferai le tour de ta peau dorée, une brioche fourrée aux fruits confis, melons et cerises brillants. Mes talons donneront le tempo au carrelage. Tes doigts sont des rouleaux de massepain, comme dans la chanson de l’enfance. Ils sont doués d’une force invisible à qui les croiseraient sur un […]