Piano


Chanson. Les hommes que j’aime

C’est une chance inouïe que JeF soit tombé in love d’un de mes textes. JeF c’est un artiste musicien, né dans un violon et devenu grand en guitare. Vous pouvez découvrir son site ici. Il m’a proposé de mettre « les hommes que j’aime» en musique, et j’ai répondu oui avec enthousiasme ! Que mes mots chantent, c’était un de mes plus vieux rêves !  Je vous laisse découvrir… Texte initial : Les hommes que j’aime


One string 3

Ses doigts montent, descendent, hypnotiques pincements de la corde sensible. Avec lui, le plaisir est rond, ample et profond. Je suis au cœur des semblables corps de bois. Ses doigts tressaillent et l’archet caresse chaque émoi, tour à tour. Au milieu des cordes, il pourrait être sur mes genoux, sous le plafond de bois aux caissons italiens. Il emporte  les âmes aux tréfonds de la reconnaissance. Dans les cieux aigus se faufilent les variations intemporelles. De bas en haut, sans autre marque que le travail  fastidieux de la minutie, le son s’arrondit entre mes reins. Le soleil cligne mes paupières tandis que l’archet dessine des frissons sur ma peau. Variation […]


Au dormant de gare

Tout contre le béton, je me berce à la musique éraillée qui sort du piano de la gare. J’attends, je ne sais pas ce que j’attends ou le sais trop bien. Je voudrais m’endormir ici, dans la gare, tout contre les notes qui parfument le gris des sols quotidiens. Devant moi, défilent les existences. Celui-ci est un peu fou, il parle aux fausses plantes vertes, puis va s’appuyer contre la rampe de l’escalier qui conduit vers les souterrains. Il continue son soliloque, seul dans les pas qui traversent l’ordinaire. Cet autre parle seul, aussi. Son pas est scandé par des incantations invisibles Un autre encore marche en lisant quelques photocopies […]


Piano gare 5

Une note frappée. Ce son m’attire comme un papillon vers la lumière douce des lampes de nuit. Il est aussi puissant que celui d’une peau claquée. Il frappe l’inconnu, il fait sonner la blanche, et bondir la noire. Quand j’entre dans cette gare, vous aviez disparu de mes yeux, me laissant la trainée poudrée de vos bonheurs. Dans l’air transparent de ce hall de gare, des notes imparfaites, jouées par cœur, cueillent mon intime repu de saveurs. Les doigts restituent les fonds de tiroirs de la mémoire, sans autre ordonnance que celle de l’instant. Il joue, le pianiste de la gare, l’inconnu qui a posé sa valise au bord du […]