Peaux


Douche 2

La pluie aviez-vous dit, sur nos peaux nues, l’eau qui ruisselle, les fantasmes simples et doux, la pluie sans le rhume, nous avions souri. J’aime la pluie sous un velux, au chaud contre un torse. J’aime l’eau qui frappe aux carreaux sans que personne ne lui ouvre. J’aime la persévérance de la pluie qui ne se décourage pas face au dédain qu’elle subit. Mouille le toit. L’eau coule sur nos peaux nues. Derrière la porte de verre, nous avons laisser nos rythmes effrénés, les files de voitures et le travail à même les claviers. Le pommeau de douche distille une chaleur bienveillante. Il n’y pas de savon dans la roulotte. […]


Timide ode 1

Escalier ou ascenseur, les deux ont leurs charmes érotiques. Escalier, ai-je dit. Il est beau, a-t-il répondu. Il est  dentelles blanches sous mes talons noirs. Je remonte le pan de ma longue robe ondulante, pour gravir l’inconnu. Explorons. Un long corps svelte, un regard droit et lucide, des yeux souriants et timides, que faire ? Tentures beiges, poutre châtaigne, lit blanc, fraises sur table, chemise foncée. Il fallait bien trois philosophies avant d’attaquer les mets précieux. Pourquoi de la veille au lendemain, l’effrontée se transforme en jeune première intimidé ? Personne ne sait comment le plomb se transforme en or précieux. Personne ne possède la formule pour transformer une robe […]


Gorge 1

Comment peut-il y avoir autant de douceur dans ses yeux là ? Comment peut-il y avoir autant de batailles entre deux peaux ? Mes cuisses enserrent son cou, fort aussi fort que la nature me l’accorde, aussi fort que le désir me l’ordonne. Un petit animal me dévore le cou, me mord la plante, je couine petit animal prise au jeu. Dans le métro, sa main contre mon dos  me fait frissonner du souvenir de ses lèvres. Ma gorge se mouille. Les vagues des rails me ramènent à son corps, irrésistibles secousses. La langue sur la pointe, je tourne et aspire. La peau se tend, grandit dans ma gorge. Va, […]


Salamandre 7

De peaux en peaux, la bouche s’éveille, mes seins bondissent de joie retrouvée. Point d’amour à l’horizon ! A l’aisselle perle l’ardeur et ses lèvres au goût d’intime se confondent avec les miennes. Sur mes orteils, sa bouche puissante. Souvenirs. Il mordille mes pieds. J’aime le sexe, tu sais et mes ongles sont bleus nuit. D’eau et de feu, la salamandre se repait avec gourmandise. Elle avale la chair lente et intense. Soudain au bout de mon pied, jaillit un feu inconnu. Et ce n’est pas une litote de poète. Je cherche, sans le trouver, le feu de bûches qui consume mon extrémité. Je n’ai jamais connu cette sensation alors […]