Lumière


Éloge de la solitude 1

Un oiseau s’envole, le vent frais traverse ma peau après des jours moites et humides où l’air manquait. Sur un banc vert, je suis assise avec moi-même, sans un lac pour y jouer à Narcisse. Le parc danse sous la brise, les feuilles se racontent le bonheur. Rien à faire tel est l’instant. Ce n’est pas un projet, ni un avenir, ni un idéal, ni une mission. Ne rien faire. Être. Un couple passe. Ils courent, téléphone en main pour calculer leur temps et mesurer leur performance. Une jambe sur le banc, la tête dans le vent, je ne bouge pas d’un pouce. Cette solitude choisie, celle que l’ont peut […]


Ailleurs 4

Certains hommes envoient des poèmes, d’autres des pornos. Il est de ceux-là qui écrivent des poèmes et envoient des pornos. De quelle douceur est son cou ? Tandis qu’il me parle, je voudrais connaître la couleur de son sexe. C’est joli Paris dans ce petit square au soleil. Je ne m’y étais jamais arrêté, là sur un banc vert, ni à côté de lui ni seule. Je passais pressé. Debout dans son costume de bureau, il me fait signe, un petit bout de sandwich déjà entamé entre ses doigts. Un bâtiment blanc nous regarde. L’air est doux. Je voudrais connaître le parfum de sa peau et la délicatesse de ses détours. […]


Suspendue 7

Ils boivent des bières, ils fument sauf lui et moi. Son corps s’empoissonne, erreur de la médecine, je suis celle qui n’a jamais fumé. Ils se connaissent tous. Pas moi. Depuis l’enfance tortillante, timide et nomade,si souvent, j’atterris dans des groupes où ils se connaissent sans moi. J’ai grandi. Maintenant au milieu d’eux, j’ai une bouée. C’est un appareil photo qui saisit les petits riens, occupe mes mains, reste sur la berge à contempler les bateaux qui s’éloignent. Aux étapes de ma vie, cette ville me parle sans que je ne puisse comprendre ses mots. J’entends le chant de la Sibylle. Je sens le vent du large frais sur ma […]


Tout contre le ciel

Au fond du foyer dormait la fée, allongée à demi-nue, le regard pétillant de clochettes invisibles. Je l’ai prise entre mes mains, sans savoir que je découvrais-là le trésor du logis. Posées sur les roches ancestrales, déposées sur la pierre de gris et de beige mêlés, sont les pénates de l’elfe. Sur la pierre rugueuse, le roi et la reine flanqués de fous aux tours damiers restent de bois. Gravés dans la pierre les signes, et l’autre fée présente son cul à la corde rouge. La flamme du soir habillera la cire sage qui décore la peau à l’heure précise. L’âme effleure la margelle blanche. Une pièce de bronze, fendue comme […]