Jouissance féminine


Ranchero 1

Il m’a mis sur les rails, les jambes écartées. Il m’a attachée au poteau, les jambes écartelées. Certains voyages ne sont pas organisés. J’étais sur une glissière et je ne pouvais plus bouger, presque plus. Je l’ai regardé tourner autour de moi, des sangles au bout des bras. J’ai entendu les accroches de fer. J’ai senti le cuir qui enserre. J’ai soupiré aux enfers proches. Les murs sont rouges, soudain le noir. La lumière passe par six petits trous. Ce sont des phares auxquels je me cramponne. Ils me rappellent que dehors existe encore. Ils laissent passer l’air frais et laisse filer l’air vicié. L’étau se resserre, les lacets évacue […]


Les treizièmes rugissants 1

J’ai aperçu la lumière douce caresser les toits gris. J’ai poussé les rideaux d’opaline. Côté cour, les murs dorés présentaient leurs fenêtres entre-ouvertes. Côté jardin, le bal se dessinait sur une pince à linge vierge. J’ai respiré les fromages des contrées, le nez à même l’assiette, instinct décuplé. Sur mes papilles, la langueur d’une pâte forte diffuse des parfums de chair. Puis, j’ai vu la lumière courir sur le paquet sombre. Je n’ai vu aucune chaussure d’homme, aucune. Tu ne peux pas savoir, toi. Des chaussettes noires parcourues d’un liseré blanc, des chaussettes tigrées, des chaussettes noires au bout rouge, mais pas une seule chaussure masculine. Tu ne peux pas […]


L’eau pour le café 1

J’ai couru dans la rue, j’ai couru sur les quais, j’ai couru dans l’autre sens, j’ai chaud. Trop chaud. Mon t-shirt colle à la peau. Je m’assois dans ta cuisine, j’ai trop chaud, j’enlève mon pantalon et mon t-shirt. Le stress, l’adrénaline, la fatigue, mes jambes tremblent. Tu poses un coussin sous mes fesses, tu poses ta langue sur mes lèvres. Je te demande si le coussin ne craint rien, quand j’y pose mes fesses libres. Nous avions vu la fille nue qui se levait pour prendre un café. Nous nous étions tus, je regardais et tu avais dit les mots de l’apparition matinale. Nue, sans atour, sans détour, sans […]


La fille de Poséidon 2

Au départ, ce genre de fille, ce n’est pas came. C’est comme ça qu’on dit dans les polards où le héro est un homme mal léché, à l’appartement jonché de papiers, de cendriers froids et de vaisselle à faire. Disons que cette fille, de but en blanc, je n’aurais pas misé un coquillage dessus. J’ai préféré sa voisine de table, fine, teinte en blond finaud pour couvrir les premiers cheveux blancs. Ses boucles d’oreilles longilignes et rectangulaires scintillent dans le soleil. Et moi, je me perds dans ces lueurs fluides. Cette voisine porte la grâce de l’originale assimilée. Je jouis des effluves de sa présence. En silence. Et moi, parmi […]