Jouissance féminine


Douche 2

La pluie aviez-vous dit, sur nos peaux nues, l’eau qui ruisselle, les fantasmes simples et doux, la pluie sans le rhume, nous avions souri. J’aime la pluie sous un velux, au chaud contre un torse. J’aime l’eau qui frappe aux carreaux sans que personne ne lui ouvre. J’aime la persévérance de la pluie qui ne se décourage pas face au dédain qu’elle subit. Mouille le toit. L’eau coule sur nos peaux nues. Derrière la porte de verre, nous avons laisser nos rythmes effrénés, les files de voitures et le travail à même les claviers. Le pommeau de douche distille une chaleur bienveillante. Il n’y pas de savon dans la roulotte. […]


Salamandre 7

De peaux en peaux, la bouche s’éveille, mes seins bondissent de joie retrouvée. Point d’amour à l’horizon ! A l’aisselle perle l’ardeur et ses lèvres au goût d’intime se confondent avec les miennes. Sur mes orteils, sa bouche puissante. Souvenirs. Il mordille mes pieds. J’aime le sexe, tu sais et mes ongles sont bleus nuit. D’eau et de feu, la salamandre se repait avec gourmandise. Elle avale la chair lente et intense. Soudain au bout de mon pied, jaillit un feu inconnu. Et ce n’est pas une litote de poète. Je cherche, sans le trouver, le feu de bûches qui consume mon extrémité. Je n’ai jamais connu cette sensation alors […]


Je ne connaissais que l’alchimie des pierres et des cordes 3

Je ne voulais pas parler d’amour. L’amour ce n’est pas du sexe, l’amour n’est pas une corde et encore moins un caillou. Je ne sais rien de l’amour, et ce n’est  pas une litote pour savant. Je ne connais que deux choses dans la vie : les pierres et les cordes. Les pierres me parlent. Eparpillées sur le sol, elles me disent où je dois les poser pour élever un mur sans mortier. Je ne les entends que dans le silence des oiseaux libres. Dans ma campagne, je monte des murs de pierres sèches, comme d’autres montent des sirènes aux seins lisses. C’est ainsi que les week-ends de pleine lune, je […]


Ranchero 1

Il m’a mis sur les rails, les jambes écartées. Il m’a attachée au poteau, les jambes écartelées. Certains voyages ne sont pas organisés. J’étais sur une glissière et je ne pouvais plus bouger, presque plus. Je l’ai regardé tourner autour de moi, des sangles au bout des bras. J’ai entendu les accroches de fer. J’ai senti le cuir qui enserre. J’ai soupiré aux enfers proches. Les murs sont rouges, soudain le noir. La lumière passe par six petits trous. Ce sont des phares auxquels je me cramponne. Ils me rappellent que dehors existe encore. Ils laissent passer l’air frais et laisse filer l’air vicié. L’étau se resserre, les lacets évacue […]