Jouissance féminine


Salamandre 6

De peaux en peaux, la bouche s’éveille, mes seins bondissent de joie retrouvée. Point d’amour à l’horizon ! A l’aisselle perle l’ardeur et ses lèvres au goût d’intime se confondent avec les miennes. Sur mes orteils, sa bouche puissante. Souvenirs. Il mordille mes pieds. J’aime le sexe, tu sais et mes ongles sont bleus nuit. D’eau et de feu, la salamandre se repait avec gourmandise. Elle avale la chair lente et intense. Soudain au bout de mon pied, jaillit un feu inconnu. Et ce n’est pas une litote de poète. Je cherche, sans le trouver, le feu de bûches qui consume mon extrémité. Je n’ai jamais connu cette sensation alors […]


Je ne connaissais que l’alchimie des pierres et des cordes 3

Je ne voulais pas parler d’amour. L’amour ce n’est pas du sexe, l’amour n’est pas une corde et encore moins un caillou. Je ne sais rien de l’amour, et ce n’est  pas une litote pour savant. Je ne connais que deux choses dans la vie : les pierres et les cordes. Les pierres me parlent. Eparpillées sur le sol, elles me disent où je dois les poser pour élever un mur sans mortier. Je ne les entends que dans le silence des oiseaux libres. Dans ma campagne, je monte des murs de pierres sèches, comme d’autres montent des sirènes aux seins lisses. C’est ainsi que les week-ends de pleine lune, je […]


Ranchero 1

Il m’a mis sur les rails, les jambes écartées. Il m’a attachée au poteau, les jambes écartelées. Certains voyages ne sont pas organisés. J’étais sur une glissière et je ne pouvais plus bouger, presque plus. Je l’ai regardé tourner autour de moi, des sangles au bout des bras. J’ai entendu les accroches de fer. J’ai senti le cuir qui enserre. J’ai soupiré aux enfers proches. Les murs sont rouges, soudain le noir. La lumière passe par six petits trous. Ce sont des phares auxquels je me cramponne. Ils me rappellent que dehors existe encore. Ils laissent passer l’air frais et laisse filer l’air vicié. L’étau se resserre, les lacets évacue […]


Les treizièmes rugissants 1

J’ai aperçu la lumière douce caresser les toits gris. J’ai poussé les rideaux d’opaline. Côté cour, les murs dorés présentaient leurs fenêtres entre-ouvertes. Côté jardin, le bal se dessinait sur une pince à linge vierge. J’ai respiré les fromages des contrées, le nez à même l’assiette, instinct décuplé. Sur mes papilles, la langueur d’une pâte forte diffuse des parfums de chair. Puis, j’ai vu la lumière courir sur le paquet sombre. Je n’ai vu aucune chaussure d’homme, aucune. Tu ne peux pas savoir, toi. Des chaussettes noires parcourues d’un liseré blanc, des chaussettes tigrées, des chaussettes noires au bout rouge, mais pas une seule chaussure masculine. Tu ne peux pas […]