Fougue


Si occitant 1

Bien sûr que tu me manques, ta peau me manque, ton rire me manque, tes mains dans mes cheveux me manquent, tes lèvres sur les miennes sont absentes. Mais je n’ai pas mal. Bien sûr que la nuit me ramène ta tête écrasée contre le carrelage de la douche blanche, tandis que tes ongles noirs s’abandonnent. Bien sûr que mon sexe s’émeut encore de mon doigt dans tes entrailles, de tes râles et de mes reins qui s’agitent. Et mon cerveau bandait pour toi, de ce sexe érigé que je n’ai point. Je te possédais. Bien sûr que les draps murmurent au monde que tu découvris la cuillère tout contre […]


Saccage ma sagesse 2

Ta bite me manque, dure, sèche, violente comme un amour. Ce n’est pas vraiment la tienne ni même la vôtre. La nuit, toutes les nuits, et les soirs aussi, je la sens tout contre mon con. Elle agace mon entrée, elle agace de ne pas entrer. Elle est là, sûre. Viens voudrais-je te crier. Aucun mot ne traverse la pudeur de mes lèvres. Évanescente présence au cœur du noir, pénètre mes chairs, prends tout de travers, clang, viens, va. Tire fort. Il le faut. De dos, mon ventre de famine est écroulé sur le matelas. De dos, saccage ma sagesse, arrache-moi des soupirs de sexe, des feulements éperdus. Je veux […]


Entre les draps verts d’eau

Le cou sous les morsures, je suis animale captivée de tendresse. Arc mes reins sur les draps dépareillés, la porte est rouge et nous avons bu de l’eau. Il n’est plus d’ici et de maintenant, il n’est plus de viande rougeoyante et crue, juste vos doigts sur mes boutons et ma langue qui cueille les vôtres. La nuit se distille entre vos doigts qui m’emportent. Sous vos dents, je me rends. Là sur le vert du drap, se dessine une corole de rosée. Ce sont les maitres du désordre qui nous ont saisis dans l’après-midi, morceau de chocolat noir, dense et intense. Vous avez demandé ma main au-dessus de la […]


Je suis en colère contre toi mon frère 3

Je suis en colère contre toi mon frère. Pas d’être né de genre masculin, tu n’y peux rien. Pas d’avoir eu de faveurs de la part de nos parents, tu n’y peux rien. Ni d’avoir eu des études payées. Ni d’avoir eu la permission de faire tes expérimentations. Nos parents se sont affrontés à toi. Ils t’ont même coupé une partie de tes vivres quand tu faisais ta « grande école ». Et tu leur en veux pour cela. C’est ta colère. Je t’en veux de pas regarder ce qui dérange. Là où tu avais moins d’argent pour payer ton appartement, je devais vivre chez les parents. Quand tu hurlais parce que […]