Fantasmes


Ailleurs 4

Certains hommes envoient des poèmes, d’autres des pornos. Il est de ceux-là qui écrivent des poèmes et envoient des pornos. De quelle douceur est son cou ? Tandis qu’il me parle, je voudrais connaître la couleur de son sexe. C’est joli Paris dans ce petit square au soleil. Je ne m’y étais jamais arrêté, là sur un banc vert, ni à côté de lui ni seule. Je passais pressé. Debout dans son costume de bureau, il me fait signe, un petit bout de sandwich déjà entamé entre ses doigts. Un bâtiment blanc nous regarde. L’air est doux. Je voudrais connaître le parfum de sa peau et la délicatesse de ses détours. […]


Je ne connaissais que l’alchimie des pierres et des cordes 3

Je ne voulais pas parler d’amour. L’amour ce n’est pas du sexe, l’amour n’est pas une corde et encore moins un caillou. Je ne sais rien de l’amour, et ce n’est  pas une litote pour savant. Je ne connais que deux choses dans la vie : les pierres et les cordes. Les pierres me parlent. Eparpillées sur le sol, elles me disent où je dois les poser pour élever un mur sans mortier. Je ne les entends que dans le silence des oiseaux libres. Dans ma campagne, je monte des murs de pierres sèches, comme d’autres montent des sirènes aux seins lisses. C’est ainsi que les week-ends de pleine lune, je […]


Pur sang arabe

Affalée dans la poussière, pelage sale, je vous guette. Au soleil brûlant, mes pupilles sont mi-closes, vertes dans votre fruit. Chaque jour, fier pur sang, vous trottez, beau, posé, ondoyant au rythme de votre assurance. Vous passez devant mes rochers, sans rien y voir, une deux trois, valse de votre robe noire. Je scrute vos mouvements. J’attends l’instant. Hier, vous pleuriez, prince de sang, une histoire de femme. Vous vous êtes caché, mais j’ai vu les larmes sur le poil. Vous brillez, vous dîtes qu’elle était votre repère, votre raison de vivre, votre antre chaude. Son corps encore vous enivre. Entre deux reniflements, vous croyez dur en ses seins de […]


Blanche tête 2

Tu parles, rebelle aux cheveux gris trop tôt. Tu es belle depuis que je t’ai serré la main. Je contemple le film de ta vie. Je te regarde assise face à moi. Ton pantalon est rouge, ton blouson de moto élimé. Ta vie est à refaire encore. Tu es fascinante, sais-tu petite chatte écorchée vive ? Entre mes bras, je contiendrai ta douleur. Sur les cordes, je chanterai ta geste. Entre les mots, j’ouvrirai ta cage. Tu  t’envoleras bel oiseau. Tu n’es pas le garçon des premiers, tu es fille et je le sens sous mes doigts. Je suis aussi douce que la pluie et aussi moite que l’été. Je […]