Envies


En toute amitié 1

Sous mes narines, le parfum de ton corps me bouleverse. Il monte, il s’infiltre entre le gingembre de ton parfum. Tangue ma peau, tangue mes lenteurs, navigue les émois, je suis sexuelle. Mon petit cœur est à l’envers des peaux. Je suis sensuelle. Tout contre toi lovée, sans amour, sans sexe. Ma main saute de là où il ne faut pas. Je voudrais sans complexe caresser ta poitrine, serpenter entre tes oreilles, me perdre entre tes côtes. Contre le battement de ton cœur, je pourrais m’endormir. Ici mes épaules dansent, mon ventre glisse contre le bois lisse de la table. Sous ma paume, ton dos se fait velours des rois. […]


Trop longtemps 2

Dans la nuit, l’envie de grosse, enfin une large suffisamment longue, une bonne quoi. Je ne connais de toi qu’un bout d’épaule, le haut de ton torse, et encore dans un écran, bonne gueule. Tu es suffisamment large pour moi, enfin large de ton torse, pour le reste, l’essentiel à mes yeux ce soir, je n’en sais fichtre rien. Contre ta peau, je collerai mon nez, mes joues, je respirerai ton odeur, je poserai mes lèvres dans ton cou pour prendre la mesure de toi, et sniffer ton désir. Je jetterai ta boite de haribo, et même ta tablette, pour me faire une place entre tes draps. Dans les livres, […]


Au dormant de gare 1

Tout contre le béton, je me berce à la musique éraillée qui sort du piano de la gare. J’attends, je ne sais pas ce que j’attends ou le sais trop bien. Je voudrais m’endormir ici, dans la gare, tout contre les notes qui parfument le gris des sols quotidiens. Devant moi, défilent les existences. Celui-ci est un peu fou, il parle aux fausses plantes vertes, puis va s’appuyer contre la rampe de l’escalier qui conduit vers les souterrains. Il continue son soliloque, seul dans les pas qui traversent l’ordinaire. Cet autre parle seul, aussi. Son pas est scandé par des incantations invisibles Un autre encore marche en lisant quelques photocopies […]


Marinière 5

Nous serions dans mon bureau, il y a un fauteuil de cuir marron, tu verrais. Et un tapis doux, des livres tout au long des murs, et des photos habillant la nudité de la  peinture blanche. La lumière du soleil serait basse et caressante, dessinant l’ombre de nos envies. La playlist serait douce et intelligente. Peut-être, tu aurais pris ta guitare, et moi mon appareil photo. Tu me présentes ton pote. Je te présente le mien venu avec deux copines, et puis ma copine belge. Les cigarettes ont disparues depuis bien longtemps, je suis née trop tard. Alors, vous auriez vos tubes à essais qui font de la couleur et […]