Envies


Barbe aux seins 1

Les yeux sourire, je passe la main dans cette barbe. Toute la réunion, je l’ai regardé, triturée par une main routinière. C’est un petit geste de rien. Les doigts s’ouvrent, se glissent dans les poils grisonnant, se referment et remontent vers le menton. Ce petit jeu continue tant que ses yeux sont rivés sur des consonnes sans queue ni tête. Les yeux fermés, je laisse descendre cette voix profonde dans les méandres de mes convoitises. Elle se coule entre mes seins, contourne mon nombril, sursaute le pli de mon ventre, soupire les lèvres, caressent les poils, se glisse tout au bout. La voix raconte des trucs imbitables. La voix est […]


T’inquiète des patrons, j’en ai baisé avant toi !

Dans quel état retrouverai-je mon sexe ? Le retrouverai-je ? Sera-t-il dur comme un bois mort ? Friable comme un cœur triste ? Le chemin s’ouvrira-t-il encore ? J’ai la clef autour du cou, et plus personne pour la descendre du nombril aux interstices. J’ai le tour de main et la langue bien rodée. Il n’y a plus de sexe dans l’enclos, soupirent les moutons planqués sous le lit. La fin de l’été sonne en printemps de pluie. L’eau de la fontaine ne se boit plus qu’à gorgée absente. Étoile de mer à large sexe affalé dans son canapé à gros salaire. Le sexe est aveugle quand il a faim. […]


En toute amitié 1

Sous mes narines, le parfum de ton corps me bouleverse. Il monte, il s’infiltre entre le gingembre de ton parfum. Tangue ma peau, tangue mes lenteurs, navigue les émois, je suis sexuelle. Mon petit cœur est à l’envers des peaux. Je suis sensuelle. Tout contre toi lovée, sans amour, sans sexe. Ma main saute de là où il ne faut pas. Je voudrais sans complexe caresser ta poitrine, serpenter entre tes oreilles, me perdre entre tes côtes. Contre le battement de ton cœur, je pourrais m’endormir. Ici mes épaules dansent, mon ventre glisse contre le bois lisse de la table. Sous ma paume, ton dos se fait velours des rois. […]


Trop longtemps 2

Dans la nuit, l’envie de grosse, enfin une large suffisamment longue, une bonne quoi. Je ne connais de toi qu’un bout d’épaule, le haut de ton torse, et encore dans un écran, bonne gueule. Tu es suffisamment large pour moi, enfin large de ton torse, pour le reste, l’essentiel à mes yeux ce soir, je n’en sais fichtre rien. Contre ta peau, je collerai mon nez, mes joues, je respirerai ton odeur, je poserai mes lèvres dans ton cou pour prendre la mesure de toi, et sniffer ton désir. Je jetterai ta boite de haribo, et même ta tablette, pour me faire une place entre tes draps. Dans les livres, […]