Envies


Converse jaune et doc verte

   Vous debout moi assise, entre le jeans, je tentais de vous deviner, sexe recroquevillé qui s’allonge ou chair pendante qui s’érige. Large je dirais. Avec une jolie paire, j’ajouterais.  Debout, vous me poussez contre le mur, vos lèvres sur les miennes, votre main écartant les pans de ma robe bohème, votre barbe chatouillant mes joues. Je voudrais enlever mes boucles d’oreille pour que vos mains accèdent à ma nuque, au creux derrière les oreilles, électrique suavité. Je ne voudrais pas abîmer l’instant. Vos mains s’impriment de tous vos vœux.  Vos lèvres dévorent, le désir suinte de nos souffles.  Votre ventre, celui-là même qui vous pose complexe, contre le mien […]


Lettre d’amour 3

Cher.e Ce n’est pas la première lettre que j’écris à tes rêves. Le premier avait 7 ans en haut d’un escalier sombre d’où l’eau coulait sous les ponts. Le second avait 14 ans dans la procession pour aller à la table de communion d’où ont disparu les anges. Le troisième avait 20 ans partis en fumée dans un grenier rougeoyant. Les quatrièmes avaient tous 35 ans au fond des écrans blancs et des draps de même couleur. Mais, toi, je ne sais pas quel âge tu as, je ne sais même pas si tu es indigo. Je pourrais te donner des larmes de perles et des sourires d’étoiles. Je serais […]


Te faire l’honneur 3

Devant moi défilent les hommes de ma vie. Vingt-ans déjà. Vingt-ans et tout semble recommencer. Le sexe ne trouve pas son chemin, les peaux piquent et collent. Tout revient. Les corps ne se parlent. Personne ne sait comment l’amour se faufile entre les grandes lèvres. Pourtant aujourd’hui, je sais. Il ne faudrait jamais commencer à s’attacher avant d’essayer les corps. Tout les hommes de ma vie défilent dans la chambre à coucher aux murs écaillés. Cette histoire ne m’appartient pas, je dois fuir ces lits de complaisance. Ils étaient sexe triomphant. Ils étaient mon dos collé au mur, et leur désir au fond de mon cou. Ils étaient lèvres ardentes […]


Trouble dans la robe 2

A nouveau, au détour du couloir, nous nous croisons. Cette fois, c’est vous qui m’avez remarqué,  bien avant que je ne le fasse. Je téléphone. Robe corail, veste en jeans, gouttes ouverte sur mes seins, converse. Je parle, les yeux ailleurs. Votre regard sur moi, je le sens, puissant. Nos yeux se croisent. Trouble dans ma robe. Yeux profonds et foncés, large, poilu, look choisi, vous me plaisez c’est ainsi. Ce matin, j’ai pensé à vous en choisissant mes vêtements. Cette idée est troublante. Pourquoi vient-elle s’insinuer entre une robe et un pantalon ? Que venez-vous faire dans mes ablutions du petit jour ? Ce matin-là, je ne vous verrai […]