Envies


Trouble dans la robe 2

A nouveau, au détour du couloir, nous nous croisons. Cette fois, c’est vous qui m’avez remarqué,  bien avant que je ne le fasse. Je téléphone. Robe corail, veste en jeans, gouttes ouverte sur mes seins, converse. Je parle, les yeux ailleurs. Votre regard sur moi, je le sens, puissant. Nos yeux se croisent. Trouble dans ma robe. Yeux profonds et foncés, large, poilu, look choisi, vous me plaisez c’est ainsi. Ce matin, j’ai pensé à vous en choisissant mes vêtements. Cette idée est troublante. Pourquoi vient-elle s’insinuer entre une robe et un pantalon ? Que venez-vous faire dans mes ablutions du petit jour ? Ce matin-là, je ne vous verrai […]


Heures nocturnes 1

Il faudra, dit-il, qu’un jour nous puissions trouver ce temps pour nous, ces heures nocturnes que nous épuiserons jusqu’à la dernière seconde. Une nuit, il sera temps. De longues heures nues, enlacées entre des draps blancs, douces, seins contre torse, le monde sera à nous. Si nous en avons le courage, nous sourirons silencieux face au destin joyeux. Il est des routes rousses où le sexe est simple comme un oreiller blanc. Il sera une nuit où les chattes ne sont pas grises. Que savez-nous de nos corps, de leur langage ? Sauront-il se parler ? Je ne suis pas belle au sens plastique de compétition. J’ai le ventre qui […]


Barbe aux seins 1

Les yeux sourire, je passe la main dans cette barbe. Toute la réunion, je l’ai regardé, triturée par une main routinière. C’est un petit geste de rien. Les doigts s’ouvrent, se glissent dans les poils grisonnant, se referment et remontent vers le menton. Ce petit jeu continue tant que ses yeux sont rivés sur des consonnes sans queue ni tête. Les yeux fermés, je laisse descendre cette voix profonde dans les méandres de mes convoitises. Elle se coule entre mes seins, contourne mon nombril, sursaute le pli de mon ventre, soupire les lèvres, caressent les poils, se glisse tout au bout. La voix raconte des trucs imbitables. La voix est […]


T’inquiète des patrons, j’en ai baisé avant toi !

Dans quel état retrouverai-je mon sexe ? Le retrouverai-je ? Sera-t-il dur comme un bois mort ? Friable comme un cœur triste ? Le chemin s’ouvrira-t-il encore ? J’ai la clef autour du cou, et plus personne pour la descendre du nombril aux interstices. J’ai le tour de main et la langue bien rodée. Il n’y a plus de sexe dans l’enclos, soupirent les moutons planqués sous le lit. La fin de l’été sonne en printemps de pluie. L’eau de la fontaine ne se boit plus qu’à gorgée absente. Étoile de mer à large sexe affalé dans son canapé à gros salaire. Le sexe est aveugle quand il a faim. […]