Émois


Cap

Ses lèvres baisent mon poignet où  la mer se noue à plat. Élégance du cœur.  La vie est à portée de bouche au-delà des origines. D’autres caps au loin, comme autant de grands vents sur les îles. L’histoire s’apaise sans en rien savoir. J’ai basculé en sa peau, terre promise sans promesses. Vague de draps bleus Devant les draps propres, j’ai ressenti le vide. Dans l’espace, il a semé des traces dont la présence signale son absence. Au dessus des tubes de métal, une serviette blanche pliée en quatre, susurre l’eau qui couru sur son corps. Même le rouleau neuf de papier toilette raconte qu’il est venu et qu’il a […]


Tengo

Tape sans arrêt, cymbales sans cisaille, tape je suis sous tes marteaux, vibre sans fin. Elle bat la batteuse, la tête en symbiose avec les cadences. Métronome puissant, elle règle les hanches à la virgule près. Je ferme les yeux, le cou en balance. Je ferme les yeux dans ce salon où je frappe du pied, colère d’ici et du passé. Pourquoi se fourrer dans des galères consenties où le maître du jeu fouette les rameurs rebelles ? En haut en bas. Épaule, reins. Je ne sais où sa baquette va donner le rythme. Tout est dans le poignet. Je lutte contre la batteuse, je lutte contre les cadences. Mon pied […]


Et d’eau fraiche 3

Sur les murs, j’ai rayé ton nom. Je l’ai gribouillé de traits parfumés. Je l’ai dessiné à l’encre sympathique pour tu sois un filigrane sous la peau. Il ne faudrait pas que nous te  reconnaissions car tu fais fuir au loin, ou encore nous agripper sans bouée. Pourquoi, dès que nous te prononçons, nous nous sentons liés sans fin, jusqu’à ce que la mort nous capture ? Pourquoi serais-tu au singulier face aux orgues naissantes ? Sur les barricades, il faudrait hurler ton nom. Dans les couches secrètes, il faudrait laisser exploser ton son. Si tu étais une corde, je t’enroulerais autour de nos corps, douceur ardente. Au fur et […]


Converse jaune et doc verte

   Vous debout moi assise, entre le jeans, je tentais de vous deviner, sexe recroquevillé qui s’allonge ou chair pendante qui s’érige. Large je dirais. Avec une jolie paire, j’ajouterais.  Debout, vous me poussez contre le mur, vos lèvres sur les miennes, votre main écartant les pans de ma robe bohème, votre barbe chatouillant mes joues. Je voudrais enlever mes boucles d’oreille pour que vos mains accèdent à ma nuque, au creux derrière les oreilles, électrique suavité. Je ne voudrais pas abîmer l’instant. Vos mains s’impriment de tous vos vœux.  Vos lèvres dévorent, le désir suinte de nos souffles.  Votre ventre, celui-là même qui vous pose complexe, contre le mien […]