Émois


Indicible sexe 3

Il flotte du bonheur, doux et intense. Je n’ai pas envie d’écrire ce qui s’est passé. Les mots, je les trouverai à coup sûr car tant de fois j’ai dévoilé l’indicible sexe. Je veux profiter de l’instant présent, de nos instants présents. Et, déjà, j’en ai trop dit. Silence et sourire. Je voudrais dire qu’il ne faut pas avoir peur. Mais ce n’est qu’une tentative pour saisir. Je voudrais crier qu’il faut lâcher-prise mais ce n’est qu’une injonction. Être. Silence et émoi. La patronne m’a raconté sa vie. Elle avait préparé un petit-déjeuner pour des amoureux. Comme dans la chanson. Elle s’est excusée dix fois pour hier soir. Mais ce […]


Timide ode 1

Escalier ou ascenseur, les deux ont leurs charmes érotiques. Escalier, ai-je dit. Il est beau, a-t-il répondu. Il est  dentelles blanches sous mes talons noirs. Je remonte le pan de ma longue robe ondulante, pour gravir l’inconnu. Explorons. Un long corps svelte, un regard droit et lucide, des yeux souriants et timides, que faire ? Tentures beiges, poutre châtaigne, lit blanc, fraises sur table, chemise foncée. Il fallait bien trois philosophies avant d’attaquer les mets précieux. Pourquoi de la veille au lendemain, l’effrontée se transforme en jeune première intimidé ? Personne ne sait comment le plomb se transforme en or précieux. Personne ne possède la formule pour transformer une robe […]


Heures nocturnes 1

Il faudra, dit-il, qu’un jour nous puissions trouver ce temps pour nous, ces heures nocturnes que nous épuiserons jusqu’à la dernière seconde. Une nuit, il sera temps. De longues heures nues, enlacées entre des draps blancs, douces, seins contre torse, le monde sera à nous. Si nous en avons le courage, nous sourirons silencieux face au destin joyeux. Il est des routes rousses où le sexe est simple comme un oreiller blanc. Il sera une nuit où les chattes ne sont pas grises. Que savez-nous de nos corps, de leur langage ? Sauront-il se parler ? Je ne suis pas belle au sens plastique de compétition. J’ai le ventre qui […]


Rien du tout 1

Le vin tout contre ma gorge coule à flot. Je bois les paroles de désirs, les regards noirs des sourires naissant entre ses reins de soie. Sa peau est salée, je l’ai gouté au port. Sa peau est moirée, je l’ai dessiné au fourneau. Je l’ai cueilli sur la danse du temps où on était mince. Les yeux verts Mettez-vous en rang d’oignons, je vais m’occuper de vos pelures, vous éplucher le haricot, vous écosser les bourses. Tournez-vous, penchez-vous, vous serez ma cuisine du soir. Trois temps pour vos hanches, quatre pour mes pieds, à mes orteils faites révérence. Déhanchez-vous, je vous regarde depuis le banc de touche. Je suis […]