Émois


Apprivoise-moi 2

Hameçon double où nous sommes tour à tour pêcheur et poisson. Apprivoise-moi, dit le renard. D’un mot à l’autre, nos peaux se rapprochent sans rien savoir de l’avenir habillé ou nu. J’attrape ta ligne, je la tire en douceur. J’attrape tes entrailles, je les tire en douceur. D’un frôlement à un souffle, ton âme s’approche de la mienne. D’un fil à l’autre, les bras se rapprochent. Au-dessus de vos seins, je dresse le cordon de nos ententes. D’une suavité à l’autre, nous susurrons nos liens. Attendre sur la berge que le chemin se fasse pour vous, que votre détour et vos contours arrivent au rivage. Je veux que mon hameçon […]


La grande maison 2

La maison de pierre dormait encore. J’eus envie. De l’autre côté du palier, je sus qu’ils avaient accomplis le service. Je le sus sans un bruit sans une parole sans savoir le détail des langues et des sexes. Franchir le palier, caresser le plancher vernis de la pointe des pieds, faire grincer la poignée de la porte, et enfin glisser sous la couette de plume. Nue. J’eus envie. Le sexe de l’homme et le dédale de son bras dormaient encore. Il était chaud comme un pain d’épices. Sa barbe respire l’hiver au sourire d’ange. Sa conversation était sage au fond des bois. La forêt ruisselait de couleurs ambrées. L’eau gazouillait […]


Débranche

En fermant, les yeux, je sentais ton corps. Il est dans mon lit, son ventre est semblable au tien, l’âge en moins. Le papillon s’est envolé en amour et mon idiot de cœur est resté sur son pistil. J’ai volé de papillons en fleurs, de sexe en émois. J’ai sucé des pollens. Ma coquille a déménagé sa maison. Et mon cœur sans cesse revient, acharné, sans moi, il revient sur ton pétale jaune. Il obéit au doigt à la bouche. Il avance doucement sur le parquet, je suis ferme. Il fait un thé, nu contre la machine à laver. Il est un ange. Et mon cœur, ce salaud, revient sous […]


Miscellanées

Tête sur bambou, le regard passe au travers la drogue rouge. Là-bas, une autre fille sourit, la tête contre le bambou en lamelles plates. Ses seins pendent, poires d’automne suspendues au crochet de métal. La maison est bourgeoise mais sans viking. La contrainte sent les huiles essentielles et la crème pour les fesses de bébé. Le rouge est unique. Instants flottants. Les mains contre la joue, je suis là. Il sent bon, ici. *** Sauvage après la peinture flamande, entre nos sexes se glissent le ciel. Les toits gémissent. Le métal prend la pose et les mains s’agrippent. Les baisers se faufilent entre la gorge et les sous-pente. Une morsure. […]