Émois


A fêlure de peau 2

Je la croyais éteinte. Orgueilleuse, j’osais penser qu’elle ne reviendrait jamais plus. Et soudain, cachée sous un plaid gris, elle attaque acide. Elle se colle sur les joints d’argile, elle les fissure. Elle se faufile entre mes failles de porcelaine ébréchée. Oh, elle avait commencé un peu avant, comme ça sans raison apparente. Elle m’a chopé après la sortie du rond-point et au début de la bretelle d’autoroute. Elle m’as susurré, avec douceur, que bien sûr, la piste d’hélicoptère, tu n’as pas été  la première. J’ai répondu à la voix : tu me prends pour une idiote ? J’ai vécu, je sais. Je suis devenue une adulte, j’ai recollé mes […]


Cap

Ses lèvres baisent mon poignet où  la mer se noue à plat. Élégance du cœur.  La vie est à portée de bouche au-delà des origines. D’autres caps au loin, comme autant de grands vents sur les îles. L’histoire s’apaise sans en rien savoir. J’ai basculé en sa peau, terre promise sans promesses. Vague de draps bleus Devant les draps propres, j’ai ressenti le vide. Dans l’espace, il a semé des traces dont la présence signale son absence. Au dessus des tubes de métal, une serviette blanche pliée en quatre, susurre l’eau qui couru sur son corps. Même le rouleau neuf de papier toilette raconte qu’il est venu et qu’il a […]


Tengo

Tape sans arrêt, cymbales sans cisaille, tape je suis sous tes marteaux, vibre sans fin. Elle bat la batteuse, la tête en symbiose avec les cadences. Métronome puissant, elle règle les hanches à la virgule près. Je ferme les yeux, le cou en balance. Je ferme les yeux dans ce salon où je frappe du pied, colère d’ici et du passé. Pourquoi se fourrer dans des galères consenties où le maître du jeu fouette les rameurs rebelles ? En haut en bas. Épaule, reins. Je ne sais où sa baquette va donner le rythme. Tout est dans le poignet. Je lutte contre la batteuse, je lutte contre les cadences. Mon pied […]


Et d’eau fraiche 2

Sur les murs, j’ai rayé ton nom. Je l’ai gribouillé de traits parfumés. Je l’ai dessiné à l’encre sympathique pour tu sois un filigrane sous la peau. Il ne faudrait pas que nous te  reconnaissions car tu fais fuir au loin, ou encore nous agripper sans bouée. Pourquoi, dès que nous te prononçons, nous nous sentons liés sans fin, jusqu’à ce que la mort nous capture ? Pourquoi serais-tu au singulier face aux orgues naissantes ? Sur les barricades, il faudrait hurler ton nom. Dans les couches secrètes, il faudrait laisser exploser ton son. Si tu étais une corde, je t’enroulerais autour de nos corps, douceur ardente. Au fur et […]