Émois


Timide ode

Escalier ou ascenseur, les deux ont leurs charmes érotiques. Escalier, ai-je dit. Il est beau, a-t-il répondu. Il est  dentelles blanches sous mes talons noirs. Je remonte le pan de ma longue robe ondulante, pour gravir l’inconnu. Explorons. Un long corps svelte, un regard droit et lucide, des yeux souriants et timides, que faire ? Tentures beiges, poutre châtaigne, lit blanc, fraises sur table, chemise foncée. Il fallait bien trois philosophies avant d’attaquer les mets précieux. Pourquoi de la veille au lendemain, l’effrontée se transforme en jeune première intimidé ? Personne ne sait comment le plomb se transforme en or précieux. Personne ne possède la formule pour transformer une robe […]


Heures nocturnes 1

Il faudra, dit-il, qu’un jour nous puissions trouver ce temps pour nous, ces heures nocturnes que nous épuiserons jusqu’à la dernière seconde. Une nuit, il sera temps. De longues heures nues, enlacées entre des draps blancs, douces, seins contre torse, le monde sera à nous. Si nous en avons le courage, nous sourirons silencieux face au destin joyeux. Il est des routes rousses où le sexe est simple comme un oreiller blanc. Il sera une nuit où les chattes ne sont pas grises. Que savez-nous de nos corps, de leur langage ? Sauront-il se parler ? Je ne suis pas belle au sens plastique de compétition. J’ai le ventre qui […]


Rien du tout

Le vin tout contre ma gorge coule à flot. Je bois les paroles de désirs, les regards noirs des sourires naissant entre ses reins de soie. Sa peau est salée, je l’ai gouté au port. Sa peau est moirée, je l’ai dessiné au fourneau. Je l’ai cueilli sur la danse du temps où on était mince. Les yeux verts Mettez-vous en rang d’oignons, je vais m’occuper de vos pelures, vous éplucher le haricot, vous écosser les bourses. Tournez-vous, penchez-vous, vous serez ma cuisine du soir. Trois temps pour vos hanches, quatre pour mes pieds, à mes orteils faites révérence. Déhanchez-vous, je vous regarde depuis le banc de touche. Je suis […]


Où les pieds sont chats 2

Sa tête caresse mes pieds. Allongée au soleil un livre entre les pattes, je ne l’ai pas vue arriver. Elle est sorti de nulle part et sans prévenir, elle se caresse contre moi avec application. La tête, le cou, les oreilles. La voilà qui mordille mon gros orteil. Je la laisse faire craignant de déranger son plaisir. Ma chatte est soyeuse et noire, doux velours fourré. L’oreille encore, le cou. Mes ongles bleus ne savent pas bien ce qui leur vaut cette dévotion. Elle lèche, un peu, reprend ses caresses. Elle se fait plaisir sur mes plantes, les renifle, les lèche, les mordille. Et j’aime ça. Ma chatte câline, instinct […]