Eau


Apprivoise-moi 2

Hameçon double où nous sommes tour à tour pêcheur et poisson. Apprivoise-moi, dit le renard. D’un mot à l’autre, nos peaux se rapprochent sans rien savoir de l’avenir habillé ou nu. J’attrape ta ligne, je la tire en douceur. J’attrape tes entrailles, je les tire en douceur. D’un frôlement à un souffle, ton âme s’approche de la mienne. D’un fil à l’autre, les bras se rapprochent. Au-dessus de vos seins, je dresse le cordon de nos ententes. D’une suavité à l’autre, nous susurrons nos liens. Attendre sur la berge que le chemin se fasse pour vous, que votre détour et vos contours arrivent au rivage. Je veux que mon hameçon […]


Cambre-toi bien 2

Assise dans la douche, les plantes des pieds l’une contre l’autre, je contemple son cul qui me surplombe. La douche ronronne d’eau et de mécanisme simples. Les gouttes inlassables s’écrasent sur nos chairs. J’ai soif. Sur ma langue tendue, je laisse glisser l’eau tiède qui rebondit sur mon sexe écart. J’ai le doigt disparu dans ses entrailles. Il m’attend, il attend. Cambre-toi bien mon ami. Mieux, tu peux mieux faire. Je me repose dans la blancheur de l’instant  dont la seule couleur est celle de son cul rougi. Il fait tendre entre deux assauts. Je veux l’eau sur ma peau, je veux ton sexe dans le mien, ici, là comme […]


Douche 4

La pluie aviez-vous dit, sur nos peaux nues, l’eau qui ruisselle, les fantasmes simples et doux, la pluie sans le rhume, nous avions souri. J’aime la pluie sous un velux, au chaud contre un torse. J’aime l’eau qui frappe aux carreaux sans que personne ne lui ouvre. J’aime la persévérance de la pluie qui ne se décourage pas face au dédain qu’elle subit. Mouille le toit. L’eau coule sur nos peaux nues. Derrière la porte de verre, nous avons laisser nos rythmes effrénés, les files de voitures et le travail à même les claviers. Le pommeau de douche distille une chaleur bienveillante. Il n’y pas de savon dans la roulotte. […]


Sauter aux yeux

Vos yeux. Mes yeux. Vos yeux. Mes yeux encore. Je ne sais pas que vous portez des pulls beiges si classiques, ni même que vos chaussures sont belles. Juste belles et noires. Je ne sais pas encore que votre langue a le goût du tabac. Je ne sais rien que la main de cette femme qui me caresse les seins et tente de saisir mon regard. Ses lèvres contre les miennes se collent. Sa peau est une pierre trop lisse. Mes yeux. Vos yeux. A quel moment l’eau se change en feu ? Sur mon cou, vos lèvres courent la partition mordillante. J’oublie la femme aux seins de marbre, je […]