cordes


Seins à fleur de coton

A moitié nue, dans une transparence jaune, je reprends terre, mes seins à fleur de coton. Les muses énergiques nous ont déjà saisis, jetés en l’air, écroulés sur le tapis de lune. A genoux, je contemplais mon âme devenir chose, les mains croisées telle une jument au manège. Il emmenait mon sexe quelque part, sans effraction. Puis, je me frottais, petite chatte, contre son genou puissant. Partie, je suis partie si vite entre ses mains. Son corps ne me lâchait pas d’un doigt. Son odeur m’enivrait. On pourrait croire que c’est du sexe. A moitié nue, je reviens de là-bas où le sol disparait, où le sang monte à la […]


Il fait ocre 3

Cette nuit-là, la lune était par le velux, et la fumée des cigarettes se faisaient la malle. Les belles étaient belles (oui si belles), simples, sages ou nues. Il faisait ocre.  C’est en haut de l’escalier que tout se passe, après la deuxième volée de marches. Il faut passer devant la salle de bain verte, la chambre d’amis, celle du maître des lieux et la chambre où règnent les pots de peintures et les gravats. Le vestibule est rouge, le grenier blanc. Les fers ne sont pas rouillés. Les poutres sont maitresses même si quelques unes ne sont que décor. Ils dressent leur bambous cachés, elles salivent les petits plats. […]


L’extérieur est à l’extérieur de soi 3

Infusion feu de bois, cannelle comprise. Comment choisir du thé ? Au nez, ou à l’imaginaire. C’est l’hiver à l’extérieur de nous, et en nous un peu aussi. A demi-mot. Revenue dans votre intérieur, je m’assois dans la cuisine, habillée cette fois. Vous avez même fait des gâteaux aux noix et au chocolat. Ou aux noisettes, les souvenirs se brouillent toujours. Je vous donne le bonjour de l’homme, de celui qui m’avait fait pénétrer ici où nous nous sommes croisés. L’extérieur n’est pas à l’intérieur de soi. C’est faux. C’est un sourire trouble et poli, timide et bandé qui vient de l’intérieur. J’ai vu vos lèvres qui à peine se […]


Échos

Des larmes sous paupières mouillent le tissus sans ourlet. J’ai mal du temps qui passe, mon bras irradie fort, je pleure. La beauté est là entre le sol et les poutres, entre mon cou et le gris des coussins. Le tissus est trempé. Ce n’est pas ce que dit la pellicule. J’ai mal, je te déteste, j’ai mal, écoute, écoute-moi. Je voudrai être la rue de ta vie, et je suis qu’une impasse tout au fond de ton sexe. Je n’entends pas tes mots à travers le hublot, je n’entends pas que tu t’en vas. Mes os le savent, je pleure. Dis-moi encore. Dis-moi toi, tes sourires. Dis-moi quand je […]