cordes


La main 1

De puissantes mains prennent possession de mes épaules, le voyage peut commencer. Je dépose le monde sur le tatami, les seins dans un débardeur noir. Toujours le même. Donner ses mains, c’est se prendre au jeu. Se taire, c’est entrer en ordre. Des pelures de jute enneigent mon caleçon noir. La tension ferme s’enroule autour des mes épaules. Tout contre son corps, je plonge. Main sur la nuque, contrainte puissante. Mains aux épaules, je suis présente. Mon corps, celui-là même qui m’encombre au quotidien, est énergie. Je suis une matière vivace qui bascule vers le sol. Je suis cuisse levée,  coup de pied entortillé. Bientôt, le sang cogne au bout […]


Je ne connaissais que l’alchimie des pierres et des cordes 3

Je ne voulais pas parler d’amour. L’amour ce n’est pas du sexe, l’amour n’est pas une corde et encore moins un caillou. Je ne sais rien de l’amour, et ce n’est  pas une litote pour savant. Je ne connais que deux choses dans la vie : les pierres et les cordes. Les pierres me parlent. Eparpillées sur le sol, elles me disent où je dois les poser pour élever un mur sans mortier. Je ne les entends que dans le silence des oiseaux libres. Dans ma campagne, je monte des murs de pierres sèches, comme d’autres montent des sirènes aux seins lisses. C’est ainsi que les week-ends de pleine lune, je […]


Seins à fleur de coton

A moitié nue, dans une transparence jaune, je reprends terre, mes seins à fleur de coton. Les muses énergiques nous ont déjà saisis, jetés en l’air, écroulés sur le tapis de lune. A genoux, je contemplais mon âme devenir chose, les mains croisées telle une jument au manège. Il emmenait mon sexe quelque part, sans effraction. Puis, je me frottais, petite chatte, contre son genou puissant. Partie, je suis partie si vite entre ses mains. Son corps ne me lâchait pas d’un doigt. Son odeur m’enivrait. On pourrait croire que c’est du sexe. A moitié nue, je reviens de là-bas où le sol disparait, où le sang monte à la […]


Il fait ocre 3

Cette nuit-là, la lune était par le velux, et la fumée des cigarettes se faisaient la malle. Les belles étaient belles (oui si belles), simples, sages ou nues. Il faisait ocre.  C’est en haut de l’escalier que tout se passe, après la deuxième volée de marches. Il faut passer devant la salle de bain verte, la chambre d’amis, celle du maître des lieux et la chambre où règnent les pots de peintures et les gravats. Le vestibule est rouge, le grenier blanc. Les fers ne sont pas rouillés. Les poutres sont maitresses même si quelques unes ne sont que décor. Ils dressent leur bambous cachés, elles salivent les petits plats. […]