chemin de fer


Au bout de la ville 13

Tu vas arriver au pied de ce train. Ou au bout du quai. Ce n’est pas une toute nouvelle ville. Ce n’est pas une nouveauté. Tu ne connais pas sa photo. Ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas au bout du quai, c’est en bas de l’hôtel, où tu es arrivée avec ta voiture. S’il n’y pas la neige pour tout contredire. Ou la grippe. Contredire quoi ? puisque tu ne connais que trois mots sur un papier immatériel. Tu ne sais pas, tu ne te fais pas trop d’images. Pas trop, parce que ton cerveau, lui, t’a fait des images indécises, la nature est ainsi faite. Pas trop, car tu […]


Double J 6

    C’était une chambre avec vue sur grue, c’était trois corps et un double masculin, c’était mon doigt qui bataillait en toi pour tenir le fortin jusqu’à ce que tu rendes les armes, c’était mes jambes écartées qui campaient sur leurs positions. Et toi qui nous regardais. Là-bas, sur le quai de gare, nous avions perdu l’anonymat de nos visages. Comme avec toi. Nous avions déjeuné. Comme avec toi. Nous n’avons pas monté de tour. J’ai ôté mes chaussures noires pour les remettre. Les mêmes chaussures plates, les mêmes chaussures rouges. Je suis à la fenêtre pour contempler la ville. Comme avec toi. Ici, je suis nue et j’ai […]


Pas de fumée sans innocents 9

Je vous laisse démêler le vrai du faux.  Deux textes, Une seule histoire vécue. Innocent le tricot à grande vitesse (suivez le lien) TGV, GTV Dans ce train au long cours qui remonte du soleil en croisière de chlorophylle, qui tangue doucement de son ventre encore vide sur les kilomètres d’acier brûlant, l’ordinateur facétieux vous a attribué l’ultime compartiment. Il est vide, comme toute la voiture est vide. A moi aussi il a désigné cet exil. Je vous y rencontre, seulette et souriante, partagée à ma vue entre surprise et curiosité. Il y a huit sièges face à face dans ce dernier réduit du train tout neuf. J’aurais pu prendre […]


Quai de gare. Vous Là-bas 4

De la rage des désirs retardés, du quai des voyages suspendus, de ce retard de vous, aux côtés des voyageurs désabusés,  je vous écris. La liberté du train s’est faite contrainte de temps. Là-bas sur l’autre quai, vous allez m’attendre, Je rêve de vous sur ce temps perdu, figée au quai. Un parfum est assis à côté de moi. Sur le même banc, acier frais, doux et rond. Il me parle de toi mais pas de vous, bijouterie suave, crayon sanguine, toile vierge de nos émois. La montagne est grise, la pointe du palais or mat, la gare muette, les voyageurs travailleurs. Un cuir noir, le foulard vif et les […]