Chambre


La femme forte 5

Tu es la femme forte des nuits enchantées, et la longue nuit  de l’amour. Derrière les peines, après les peines, ta vie est larmes et  jouissances, joies pures et plaisirs oblongs. Sous tes yeux dansent les instincts latins aux rythmes langoureux. Le long de ton rimmel coule la passion. Ta liberté se dessine, noire, sur les paupières. Tu ne portes pas de culotte, pas plus que tu n’appartiens à un homme. Il faut pleurer de la poussière pour sourire à la lumière. Ton chemin était le leur, ta route se trace au rivage des lèvres écarlates. Pieds nus, tu peux vivre sans hommes dans ton obligation. Seins nus, tu veux […]


Soleil silencieux 6

Une douce lumière habille d’orangé ces temps déjà assignés aux souvenirs. Tandis que je glane sur ma peau, avec une grande serviette blanche, chaque gouttelette d’eau de mes ablutions, le soleil se couche par le hublot.  Je ferme les yeux pour sentir encore ton doigt qui récolte avec vaillance, l’eau nécessaire à la lubrification de mon clitoris. Tu jouais de ces boutons si facile à me mettre sur On. C’était le temps de la récidive. Je rouvre les yeux sur le silence doux de la lumière brouillée par la vitre sablée. Ce même silence nous l’avons partagé, avec un aussi grand soin que si nous étions dans le saint des […]


Prendre corps 6

Les mains posées sur mon verre à pied, le menton posé sur mes mains, je te regarde dans le silence marron de tes yeux profonds. Il fait silence entre nous, il fait du trouble, il fait de l’inconnu. Où ira le temps flottant ? Les mains posées sur ce verre, vide de ce vin rapide aux délices lents, je te regarde dans le vacarme de mes émotions. Le blanc de l’air se remplit de ta présence. C’est le deuxième silence.   Les mains encombrées de mon manteau et de mon gilet de laine, je te regarde, de loin, faire les cent pas. Je prends la mesure de ta silhouette pendant […]


Présents par la fenêtre 6

 Norman Rockwell 1960 Les gouttes de pluie coulent sur la vitre en lignes fuyantes, mouvantes, répétitives et sans cesse renouvelées. Entre ces lignes, elle cherche à distinguer les vagues secouées par le vent. Il fait gris depuis son arrivée. Comme la première fois, pense-t-elle. Le serveur vient lui présenter le vin.  Elle goûte. Bon choix, se dit-elle. La table est dressée d’une seule assiette blanche et de verres transparents. Elle aime cette simplicité élégante. Tandis qu’il remplit son verre, une goutte tombe sur la nappe immaculée. La goutte rouge est vite absorbée par le tissu. Le serveur se confond en excuses. Elle lui sourit. Ces conventions, elle ne les a […]