Chambre


Tout contre le ciel

Au fond du foyer dormait la fée, allongée à demi-nue, le regard pétillant de clochettes invisibles. Je l’ai prise entre mes mains, sans savoir que je découvrais-là le trésor du logis. Posées sur les roches ancestrales, déposées sur la pierre de gris et de beige mêlés, sont les pénates de l’elfe. Sur la pierre rugueuse, le roi et la reine flanqués de fous aux tours damiers restent de bois. Gravés dans la pierre les signes, et l’autre fée présente son cul à la corde rouge. La flamme du soir habillera la cire sage qui décore la peau à l’heure précise. L’âme effleure la margelle blanche. Une pièce de bronze, fendue comme […]


Sous la douche 11

Venez monsieur, dans la salle de bain. Oh, non n’entrez pas tout de suite dans la douche. Oh, non ne vous déshabillez pas tout de suite. S’il vous plait. Je vous ai préparé un autre jeu. Regardez, ce fauteuil qui vous attend face à la douche. Oui, monsieur puisque que vous arrivez à l’improviste – si tant est que la notion d’improviste existe encore avec nos téléphones – puisque vous arrivez alors que je suis en tenue de sport, suante et sans aucun apparat, je vais transformer l’essai. Non, s’il vous plait, n’entrez pas dans la douche ! Asseyez-vous et ne touchez à rien, surtout. Là, devant vous, sans aucun […]


La femme forte 5

Tu es la femme forte des nuits enchantées, et la longue nuit  de l’amour. Derrière les peines, après les peines, ta vie est larmes et  jouissances, joies pures et plaisirs oblongs. Sous tes yeux dansent les instincts latins aux rythmes langoureux. Le long de ton rimmel coule la passion. Ta liberté se dessine, noire, sur les paupières. Tu ne portes pas de culotte, pas plus que tu n’appartiens à un homme. Il faut pleurer de la poussière pour sourire à la lumière. Ton chemin était le leur, ta route se trace au rivage des lèvres écarlates. Pieds nus, tu peux vivre sans hommes dans ton obligation. Seins nus, tu veux […]


Soleil silencieux 6

Une douce lumière habille d’orangé ces temps déjà assignés aux souvenirs. Tandis que je glane sur ma peau, avec une grande serviette blanche, chaque gouttelette d’eau de mes ablutions, le soleil se couche par le hublot.  Je ferme les yeux pour sentir encore ton doigt qui récolte avec vaillance, l’eau nécessaire à la lubrification de mon clitoris. Tu jouais de ces boutons si facile à me mettre sur On. C’était le temps de la récidive. Je rouvre les yeux sur le silence doux de la lumière brouillée par la vitre sablée. Ce même silence nous l’avons partagé, avec un aussi grand soin que si nous étions dans le saint des […]