Absurde


Absurde 8

      Les sirènes sont au bord de mon lit. Elles chantent la peur, elles chantent les tourments, elles chantent l’alarme d’incendie. Au bord de mon lit, elles sont assises toute vêtue d’écran plat et de mots à en plus finir. Je me lève. Les sirènes sont assises face à moi dans le café. Un petit noir, s’il vous plait pour accompagner mon livre. Elles me poursuivent, elles poursuivent les hommes dans leur retraite. Elles parlent en continu, disent ce qu’elles croient voir par le petit bout de leur objectif, interprètent en continu sans silence. Elles chantent la peur, toutes vêtues de blousons et de micros. Je me lève. […]


Hebdo 7

Je ne lis pas Charlie. Je ne l’ai jamais lu. Je ne connaissais à peine le nom de ces dessinateurs. Je n’aime pas fluide glacial, je n’ai jamais ri à ces trucs là. Cet humour ne me parle pas (celui de picsou non plus, hein).  Pour moi le Canard enchaîné et Présent jouaient dans la même cours : celle du mépris de son ennemi sans considérer celui qui est différent comme porteur de la même humanité.   En ces temps-là, quand naissaient ces élans dessinataires, j’étais enfermée dans un monde parfait, dans un monde qui se voulait intègre et hors du Monde. Tout ça – le sexe, l’irrévérence, les doigts […]


Réservation hôtelière par correspondance 24

Cher hôtelier, C’est sur les recommandations de Monsieur Emmanuel Panait que je m’adresse à vous. J’ai ouï-dire que vous savez honorer toutes les demandes particulières, et ce, avec un raffinement certain. Or, j’ai convié un hôte de choix. Pour cette occasion spéciale, j’aimerais réserver une chambre avec vue sur la rue. Que nous puissions, si le cœur nous en dit, observer les foules ou exhiber nos souhaits. En premier lieu, j’ai choisi votre établissement pour sa discrétion. Mon hôte d’exception ne souhaite pas être reconnu, ni être vu par quelconque en entrant dans un hôtel. Or, selon mes informations, la façade de votre établissement est celle d’un quelconque immeuble. Il […]


Il lui reste 8 minutes pour atteindre le réverbère… 5

Allongée par terre, le sol danse sous elle. Sang, vomi, sœurs, père, inconnu, rêves, Alice : son plus vieux cauchemar refoulé tournoie, nauséabond. Le chat fou, les cartes à jouer délirantes, le lapin dingue de temps, le sang, le lapin, les sœurs… Les mots tourbillonnent en boucle. Le monde, autour d’elle, rapetisse comme dans entonnoir. Fièvre de cheval. Les images se font et se défont sans contrôle. Elle a chaud froid, chaud encore. Elle essaye de se lever, mais son corps ne répond plus. Elle entend son prénom, le lapin, le sang, son prénom, Alice. Elle essaye de soulever ses paupières et de sourire. Impossible. Son prénom encore. Des voix […]