Absurde


Les mères te mènent en voiture 2

Clac. Le bruit familier de la portière me fait sursauter. C’est un jour comme tous les autres, aujourd’hui je m’enfuis loin, sans but, sans rien, je m’enfuis enfin. Ou encore. Chaque matin, ils croient tous que je pars travailler dans cette voiture beige. Mais tous les matins, je me sauve loin de la meute assoiffée de mon sang. Ils se nourrissent de ma vie depuis le premier jour où ils sont se sont nichés dans mes côtes. Ils ont commencés par prendre mes vitamines, puis mon temps d’éveil, puis l’intervalle entre la portière et le mur, jusqu’à  engloutir l’espace qui séparait mon ventre du volant. Puis, ils sont sortis ensanglantés […]


Vous petit puzzle à sucer 6

Vous serez mon petit puzzle à sucer. Vous serez des morceaux qui ne ressemblent à rien. Venez découpé, sur une planche et mis en bouche. Ne sonnez pas, mais passez sous la porte à plat. Présentez-vous à ma langue, de façon à ce que je n’ai jamais besoin de me fatiguer, pour vous sucer la couenne. Ma langue est gourmande et insatiable, voyez-vous. Il vous faudra être à la hauteur. Dressez votre assiette en vous épilant. Que jamais un poil ne s’enroule autour de ma langue quand je baverai vos pointes. Dressez vos tétons, portez les à ma bouche et laissez-vous réchauffez à feu bouillant. Laissez-moi tourner autour du pot, […]


Absurde 8

      Les sirènes sont au bord de mon lit. Elles chantent la peur, elles chantent les tourments, elles chantent l’alarme d’incendie. Au bord de mon lit, elles sont assises toute vêtue d’écran plat et de mots à en plus finir. Je me lève. Les sirènes sont assises face à moi dans le café. Un petit noir, s’il vous plait pour accompagner mon livre. Elles me poursuivent, elles poursuivent les hommes dans leur retraite. Elles parlent en continu, disent ce qu’elles croient voir par le petit bout de leur objectif, interprètent en continu sans silence. Elles chantent la peur, toutes vêtues de blousons et de micros. Je me lève. […]


Hebdo 7

Je ne lis pas Charlie. Je ne l’ai jamais lu. Je ne connaissais à peine le nom de ces dessinateurs. Je n’aime pas fluide glacial, je n’ai jamais ri à ces trucs là. Cet humour ne me parle pas (celui de picsou non plus, hein).  Pour moi le Canard enchaîné et Présent jouaient dans la même cours : celle du mépris de son ennemi sans considérer celui qui est différent comme porteur de la même humanité.   En ces temps-là, quand naissaient ces élans dessinataires, j’étais enfermée dans un monde parfait, dans un monde qui se voulait intègre et hors du Monde. Tout ça – le sexe, l’irrévérence, les doigts […]