Sous la douche 11


ritater

Venez monsieur, dans la salle de bain. Oh, non n’entrez pas tout de suite dans la douche. Oh, non ne vous déshabillez pas tout de suite. S’il vous plait. Je vous ai préparé un autre jeu. Regardez, ce fauteuil qui vous attend face à la douche. Oui, monsieur puisque que vous arrivez à l’improviste – si tant est que la notion d’improviste existe encore avec nos téléphones – puisque vous arrivez alors que je suis en tenue de sport, suante et sans aucun apparat, je vais transformer l’essai. Non, s’il vous plait, n’entrez pas dans la douche ! Asseyez-vous et ne touchez à rien, surtout.

Là, devant vous, sans aucun décor, sans musique qui ronronne, sans barre ni talons, monsieur, je vais me déshabiller, titillant votre patience. Ma peau se débarrasse du t-shirt fluo qui faisait de moi une coureuse voyante. Mes cuisses ôtent leur seconde peau noire. Il ne reste que mes sous-vêtements non assortis, mais ici, monsieur, vous êtes au cœur de mon intime le plus authentique. La culotte blanche se couche sur le sol, et le soutien-gorge de sport, coqué et mouillé, rejoint la culotte sur le plancher de la salle de bain. Nue et intime pour vous, et vous seul, monsieur.

Attendre que l’eau soit chaude, sans fioriture aucune. Je vous invite monsieur, dans le quotidien du jour où la douche se fait habitude. Que chaque goutte sur ma peau réveille vos pupilles. Que votre sexe se dresse quand le shampoing mousse sur ma nuque. Regardez mon sein qui pointe l’air de rien. Ici, entre les carreaux blancs, regardez mes mains courir sur mon sexe, tandis que je babille pour emplir l’air de petits riens.

Attendez, monsieur, je n’ai pas encore fini. J’attrape mon petit rasoir. Oui, vous comprenez monsieur ce que je vais faire. Je m’assois face à vous. Mes pieds trouvent appui de part et d’autre de l’entrée de la douche. Assise sur le carrelage blanc, la lame du rasoir glisse sur les parois tentantes de mon intime. Vous protestez d’être ainsi tenu à l’écart. Patientez monsieur, votre temps arrivera, où, contre le lavabo ou sur le dos du fauteuil, mon cul sera vôtre. La lame du rasoir coupe, chaque lèvre devient lisse comme la rosée du printemps. Attendez encore un peu, je n’ai pas encore fini. Dos à vous, je me penche, et j’entreprends de dégagez les rives du petit puits, où vous viendrez assouvir vos désirs, dans quelques instants. Je me penche, je vous entends râler d’impatience, je prends mon temps, tout mon temps.

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Illustration : une chouette artiste que j’aime beaucoup  Rita Renoir


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