Soleil violet 1


ma loute

Le soleil est violet à l’horizon, les montagnes sont roses sous les caresses du soleil, tu dis que je reviendrais ici. En descendant le sentier escarpé, je regardais le soleil couchant, ses lumières douces qui dessinent les souvenirs du jour. Assise sur une chaise, je voyais encore les murs gris vert de la chambre des amants, je sentais la ville, je savais qu’il y trainait le parfum des autres loutes. Ce mot a émergé au détour d’une rue, au bord de la place, entre les amas de dorures du pont habité, à peu près par là, quand j’ai refusé une glace. J’ai la fièvre, je n’ai envie de rien. Dans mes narines flottent les idées des loutes pour la première fois. J’aurais dû voir le caillou.

A la table, j’ai mangé le bonheur et les saveurs, les madeleines fourrées aux écorces d’orange confite. J’ai regardé les violoncelles comme les hommes qui caressent les femmes. J’ai dormi comme une pierre et je ne savais qu’elle était tombale. J’ai cédé à la fatigue, au lieu de me rempaler comme le quémandait ma chatte. Et toi, tu as vu au premier matin de la ville, toi tu as vu la fin. J’ai cédé à la fatigue. J’ai cédé à la fatigue. A la fatigue.

Il y avait les mots à mettre en voix. J’ai corrigé le deuxième tends. Il y a le livre mais. Il y avait la peau noire. Il y avait le week-end. Et même l’été nu. Et l’automne de la fin, quand tu serais parti pour la nouvelle terre, en douceur. Mais. Assise sur ma chaise, au détour, j’ai lu le mot fin, j’ai lu ta douleur. Oh, un joli mot, racé, élégant. Mais. Mon écran s’est bisé.

Je descendais le sentier escarpé sous le ciel violet, et je n’ai pas vu le caillou, celui qui se dérobe sous la chaussure. Soudain, mon genou est en sang, la chair est arrachée, je regarde le rouge couler sans comprendre la douleur abrupte. Je suis tombée de l’amour en plein vol. On ne sait jamais bien ce qui se passe, si le pilote a pris trop court la piste ou si le vent fait tanguer la citadelle. J’ai accusé le choc. Le pilote a dû donner un coup sur la manette, trop vite, il a pris peur, la piste devenait courte. Blam en deux coups, roues arrières, roues avant. Blam. Il fait froid sur la piste. Neuf degré, ça fait couler les yeux tout seuls de froid piquant. Blam. Je n’ai pas vu le caillou sur la piste.

Alors, le film se refait au ralenti en vitesse arrière. Alors, j’entends tes mots devenus étrangers avant même d’avoir décollé. Alors, tu n’étais plus à côté de moi dans la fournaise. Je ne savais pas que tu partais, j’étais encore à toi.


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