Soleil silencieux 6


Danze denis 2

Une douce lumière habille d’orangé ces temps déjà assignés aux souvenirs. Tandis que je glane sur ma peau, avec une grande serviette blanche, chaque gouttelette d’eau de mes ablutions, le soleil se couche par le hublot.  Je ferme les yeux pour sentir encore ton doigt qui récolte avec vaillance, l’eau nécessaire à la lubrification de mon clitoris. Tu jouais de ces boutons si facile à me mettre sur On. C’était le temps de la récidive. Je rouvre les yeux sur le silence doux de la lumière brouillée par la vitre sablée.

Ce même silence nous l’avons partagé, avec un aussi grand soin que si nous étions dans le saint des saints. Le lit de la chambre  du dessus tapait contre le mur et le son résonnait entre nous. Elle a gémit. Pas très longtemps et pas très fort. Je t’ai dit : « elle ne fait pas beaucoup de bruit ». Alors, la couette qui réchauffait nos conversations où nous parlions de n’importe quoi, mais surtout de la vie, alors la couette fut inutile. Ton doigt a repris son travail au bon endroit, là. C’est presque trop facile, et je m’enfuis dans ce présent si réel où la vie est plus forte que les blessures du temps. Je m’enfuis loin dans la présence de mon corps. Je crie, plus fort que la voisine du dessus qui s’est tue. Je crie, perdue, en orbite. « Pardonne-moi, je pars loin, tu sais». Tu souris.

Dans ce silence, j’ai la tête dans ton cou, le souffle à fleur de ton oreille, le sexe posé sur le tien, le doigt sur ta tempe. Je vois ton cerveau qui irradie de pensées plurielles. Je voudrais l’arrêter un instant ou lui donner le bonheur. Tout ce que je puis faire, les seins collés à ton torse, c’est imaginer les méandres de ton cortex volatil. Mais peut-être que ton silence est vide. Je n’en puis rien savoir, posée le long de ta côte. Alors, je souris.

Sans un mot, j’ai placé ma cuisse sur ton sexe pour le caresser, puis tu m’as perdue à nouveau dans un espace-temps où mes reins se cambrent. Sans un mot, j’ai fixé ma main à ton sexe, j’ai caressé, coulissé, essayé. J’ai enfermé ton sexe entre mes seins qui n’ont pas plus la tendre force pour t’enserrer. J’ai enfermé ton sexe entre mes doigts afin que jaillisse le liquide à géométrie variable. Tu t’es perdu à nouveau.

Dans le bruit de la rue, tu ne t’en va pas. Le bonhomme passe au vert, puis au rouge et tu es toujours de mon côté du passage clouté. C’est qu’il n’y aucun mot pour séparer les présences.

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Photo : Denis Danze


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