Sodomie 18



Assise sur tes genoux, je n’en finis plus de jouir. Je ne me souviens plus, bel ami quand tout a recommencé, ni même le nombre de nos coïts précédents. Il y a du parquet, un fauteuil de cuir marron. La dernière fois que tu m’as enculée comme des gens civilisés aux bas ventres enragés, c’était sur un canapé de cuir marron au milieu d’un couloir, dans un autre lieu. J’ai eu les fesses rouges, j’ai râlé, j’ai failli en hurler je t’aime, le tout jusqu’à ce que tu rendes les armes et que nous allions tranquillement prendre un verre au bar. Ou bien, c’était ailleurs encore.

J’ai le ventre déboussolé de plaisir, j’ai la gorge gémissante, j’ai le cul baisé et le cerveau pris aux tripes. Ne t’arrête pas. Surtout pas. Jusqu’au bout, jusqu’aux confins inconnus. Continue. Le fauteuil bouge sous tes à-coups. Cela me déconcentre. Je cale le fauteuil au dressing. Tu es toujours là en moi. A genoux sur le fauteuil, mon ventre irradie de plaisir.

Cela doit faire douze heures que nous vivons entre ces murs. Boire, baiser, manger, boire, baiser, dormir, baiser. A deux à trois. C’est le matin. Mon heure folle. Nous sommes seuls, la fenêtre est ouverte sur la rue. Le temps va courir jusqu’à l’ultime. Les bruits vont courir dans la rue. Cela me plait.

Je coulisse maintenant à mon rythme, m’asseyant régulièrement sur tes cuisses. Tu es assis pour te reposer. Sans me lâcher. Pas encore très à l’aise à ce jeu, j’aime ce partage du travail. Il n’y a point de raison qui justifie que ce soit toujours toi qui fournisse l’effort, et, moi qui prendrais. Le plaisir. Je m’applique assez tranquillement, me concentrant sur le mouvement. La vue doit être belle de ton côté. Je m’amuse doucement car j’ai joui mon compte, ces heures et ces minutes précédentes.

Soudain, une vague me submerge aussi puissante qu’inattendue. Je coulisse encore une fois, mais je n’en peux plus. Je ne peux plus, je ne peux plus. Tu es toujours en moi. Je bascule ma tête contre la tienne. Tendresse du plaisir. Je jouis sans fin. Sans fin. Sans fin. Puis mon corps  expulse ton sexe, dans un dernier plaisir. Trois jours durant, je fus transporté de cette jouissance

 

 

 Illustration Bruno PORNOPIA

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