Seins à fleur de coton


A moitié nue, dans une transparence jaune, je reprends terre, mes seins à fleur de coton. Les muses énergiques nous ont déjà saisis, jetés en l’air, écroulés sur le tapis de lune. A genoux, je contemplais mon âme devenir chose, les mains croisées telle une jument au manège. Il emmenait mon sexe quelque part, sans effraction. Puis, je me frottais, petite chatte, contre son genou puissant. Partie, je suis partie si vite entre ses mains. Son corps ne me lâchait pas d’un doigt. Son odeur m’enivrait. On pourrait croire que c’est du sexe.

A moitié nue, je reviens de là-bas où le sol disparait, où le sang monte à la tête. J’y grimace souvent, en silence. Il est des secondes où je chuchote des brises et d’autres où je râle des zéphyrs. Il est là, loin ou près, se laissant prendre dans mon souffle ou se perdant en nœuds. Il me prend les yeux. Il cache mes sens. Il réveille les fauves. Et moi, je m’applique à ne pas inverser la vapeur.

A genoux, nous nous faisons face, début de combat de judo, les adversaires se saluent. Il prend mes deux mains, les rapprochent l’une de l’autre. On pourrait presque dire que je prie, un petit bâton d’encens entre les paumes. Mais c’est son sexe dur qui tente le bout de mes doigts. Je lui souris, effleure à peine le signe du désir. C’est à lui de jouer, pas à moi. Chacun son tour.

Il me restera longtemps, le goût de ses larges mains sur ma peau. Dans le jaune de mon t-shirt de nuit, je m’assois sur ses genoux, et mon sexe prend le frais de part et d’autre de ses cuisses. Je me souviendrais longtemps de ses paumes sur mes seins, mains contenantes, douces et chaudes. Ma peau vit à nouveau, main verte du jardinier. J’aimerais que le temps nous fasse l’amour.

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Illustration : Bizzie (allez-y le strip vaut le coup)

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