Salamandre 5


De peaux en peaux, la bouche s’éveille, mes seins bondissent de joie retrouvée. Point d’amour à l’horizon ! A l’aisselle perle l’ardeur et ses lèvres au goût d’intime se confondent avec les miennes. Sur mes orteils, sa bouche puissante. Souvenirs. Il mordille mes pieds. J’aime le sexe, tu sais et mes ongles sont bleus nuit.

D’eau et de feu, la salamandre se repait avec gourmandise. Elle avale la chair lente et intense. Soudain au bout de mon pied, jaillit un feu inconnu. Et ce n’est pas une litote de poète. Je cherche, sans le trouver, le feu de bûches qui consume mon extrémité. Je n’ai jamais connu cette sensation alors que j’ai expérimenté par pleurs et par vaux, par bonheur et par sol.

Sur le tissus trop rose, la salamandre court, conquérante. Je la noue au-dessus de mes seins, laissant pointer le téton quand il en a le loisir. Elle était autour de mon cou, scintillante de couleurs, gaie comme une lune elfique. Elle se lovait contre ma poitrine, blanche déesse de la lumière. Elle est imprimée au fond de mon cœur, plage beige cueillie dans un supermarché, plage nue de soleil mordant. Elle se fait ajourée sur la bague d’argent.

La salamandre flotte dans les airs. Des sexes bruissent d’impatience entre des doigts fébriles. Les escaliers de métal claquent sous des pas curieux. Une voix de femme retentit puis se tait. La salamandre respire, tout contre le rouge plaquée.

Je ne savais pas que la jouissance se tenait tapis entre les doigts de l’homme et la bouche des liens. Je croyais qu’elle m’avait oublié au bord du chemin, qu’elle avait déménagé avec l’homme au sexe large. Elle me prend aux tripes. Elle s’écoule d’un jet chaud, le long de ma cuisse. J’exulte, la revoilà ! Elle feule, salamandre de nuit baisée par des matous en liberté. Elle s’envole en verveine sauvage.


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