Regard sur lit blanc 2


Yeux fermés, vous somnolez, un peu gêné. Je vous assure, monsieur, il n’est pas de plus grande fierté que de savoir que mon doigt vous transporte bien plus loin que la pente du toit. Vous étiez superbe, tordu de plaisir, arc tendu sur les draps. Dormez du sommeil bienheureux, j’écouterai votre cœur se débattre. Visage détendu d’instantanés heureux, vous êtes beau.

Regard mâtiné de bonheur et de tristesse, vous avez la tête posée sur le lit blanc. Je n’aperçois qu’un seul de vos yeux. Un petit sourire danse au coin de votre bouche. Que pensez-vous, monsieur ? Que vous arrive-t-il ? Sans poser aucune question, je sais. Vous tombez amoureux. Et j’ai déjà compris que vous sonnerez la fin des ébats. Mais je ne veux pas être lucide. Pas maintenant. Je me plonge dans vos pupilles où je souris à la jouissance déjà passée. Vous m’avez donné tant plaisir, petit monsieur aux doigts de métallier expert.

Vos yeux fixent le plafond, le week-end se termine. C’est peut-être lundi qui vous happe déjà. C’est peut-être c’est elle dont vous êtes encore amoureux. Je ronronne à côté de vous, toute chaude encore mais vos yeux m’ont déjà fait mourir sur le blanc du plafond. Alors, sur votre torse, je vole un peu de tendresse. Demain emportera votre silence égoïste.

Quand le bandeau est tombé, j’ai vu vos yeux qui reprenaient pied. Je suis fière de vous avoir fait voyager un peu. Vous avez encore beaucoup à apprendre. Votre regard court de part et d’autre comme un jeune chien fou dans un nouveau jeu de quilles rouges. Mais on ne met pas de collier aux chiots. Le temps viendra où vox yeux fixeront le sol. Vous saurez tenir votre rang.

 

 


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