Refaire le monde 1


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Je t’ai regardé, un livre à la main, assis sur un canapé blanc. C’est l’âge de non-raison. C’est l’âge d’être pote, d’être sexe, d’être câlin, un hug entre les dents, rt si c pa trist. C’est l’âge de la peau qui fane, fleur de printemps à l’été indien. La deuxième saison sait lire les doutes au cœur des yeux rêveurs. Elle devine la jeune nostalgie entre les brins d’herbes écrasés de chaleur. Qu’est-ce que le bonheur ? Des pétales de fleur à assembler ? Des morceaux de puzzle disséminé dans le monde ? Est-ce  savourer les autres androgynes ? Être là. Présents. Chauds. Dans la foule. Au parc. Sur un drap. Tout au long de la carte, devant l’Inde et sous l’océan de là-bas. Parmi les saturniens, aussi. Assis sur le canapé, avec du gris au milieu, je te regarde. Tes yeux sont ravis, ta queue dressée.

Viens on a va faire un tour de planète à s’en étourdir. Viens, je mettrai un doigt entre tes globes terrestres. Viens sous la douche, jeune ami. Et ton sourire au coin de mes lèvres. Ta peau désir contre mon sein. Ta bouche grande ouverte. Ta barbe noire sans aucun poil blanc. Aucun, j’ai bien cherché. Viens perdre ton corps sous l’eau, seul refuge contre les moiteurs. Homme nounours, au poil noir cherche jolie fille. Ah ah. Il y a des choses qu’on ne sait pas bien. Se tenir par le bras ou par la main, non. Ou marcher côte à côte guidés par la map aux satellites invisibles. Peut-être que l’escalier aux marches irrégulières est fermé.

Droit érigé, face à moi, ton corps dans la hauteur, brun contre blanc, mon index sur ton téton, ma bouche sur ton bouton, mon doigt dans ton fion, reste avec moi. L’eau dégouline de ton torse et se torpille sur ton ventre ferme. Les carreaux sont blancs comme anciens. Le monde est à l’envers, coloré et en langue étrangère. Tes gémissements, excitant, l’eau sur mes cheveux, encore, mon doigt crochet, mon doigt tournoie, c’est bon. Rose brillant et tendu. Ma bouche en long et en large. Monte dans tes aigus. Monte au fond de toi. Tape tape tape ton bourgeon sur ma lèvre. Tape tape tape. D’un jet, je te connais maintenant. Par ton goût, tu n’est plus un inconnu. J’ouvre grand la bouche sous le pommeau de douche. Coule ton épais sur mes joues. Veux-tu t’assoir pour mieux revenir de voyage ?

Sous ma paume, j’ai pris l’empreinte de ton dos. Je l’ai déjà écris ici même. Ta peau sous ma paume des heures durant on pourrait. Tes baisers au cou à l’épaule à l’oreille comme un sourire. Ton regard contre le mur. Tes rires éclatent hors des livres. Refaire le monde avec la pute tatouée en Alaska, ou un truc comme ça. Toi aussi lis Verlaine au lit. Moi aussi j’écris de la poésie. Il y a même une vie de l’autre côté du smartphone. Une vie au lit. Un vit en vie. Allitération en forme de caractères courts. Dead.

Dis, tu veux bien s’il te plait ? Dis, tu veux bien venir par derrière ? On refera le monde.

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Illustration :hotdudesreading


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

Commentaire sur “Refaire le monde

  • Paul Auster

    Savoir lire entre les lignes de sa peau les bonheurs étonnés des saisons mêlées…
    Il n’y a pas de temps plus qu’un autre pour le plaisir et la joie. Le bonheur, c’est plus long…