Pur sang arabe


Affalée dans la poussière, pelage sale, je vous guette. Au soleil brûlant, mes pupilles sont mi-closes, vertes dans votre fruit. Chaque jour, fier pur sang, vous trottez, beau, posé, ondoyant au rythme de votre assurance. Vous passez devant mes rochers, sans rien y voir, une deux trois, valse de votre robe noire. Je scrute vos mouvements. J’attends l’instant.

Hier, vous pleuriez, prince de sang, une histoire de femme. Vous vous êtes caché, mais j’ai vu les larmes sur le poil. Vous brillez, vous dîtes qu’elle était votre repère, votre raison de vivre, votre antre chaude. Son corps encore vous enivre. Entre deux reniflements, vous croyez dur en ses seins de mer. Je frotte mes coussinets, je lisse mes griffes, tapie dans les roches claires. Il sera bien temps.

C’est décidé, aujourd’hui, vous tomberez entre mes pattes. Vous n’en savez rien pur sang, trop jeune pour voir la panthère. Je vous frôle, tu me prends pour une vieille femme au ventre viril. Je te respire et tu me prends pour ta mère. Je prends ta frontière et tu penses que j’habite une clairière. Mon sexe transpire mais tu es trop jeune pour le sentir.

Dressée, mon lasso, hop et vos bras enlacés le long de votre corps. D’un coup sec, vous tombez, cul contre poussière. Vous avez mal un peu, je n’en ai cure mon pur sang. A pas de velours, je frôle votre corps, ma proie chassée. Je tourne autour de votre domaine. Bientôt, vous serez à la panthère noire. Je caresse mon pelage à vos sens. Un lasso à nouveau à vos pieds, chut susurre ma bouche à vos oreilles. Couler mes seins contre votre torse. Souffle tiède dans votre cou. Ne bougez pas, prince imprudent.

Vous danserez pour moi, pur sang arabe, coulé à même la poussière, torse nu. Soyez souple et ferme, mâle et femelle. Sous vos aisselles, j’enfouirais mon nez. J’aspirerai les battements de votre cœur, coulez-vous à mes désirs, peau de bronze. Dansez vous-dis-je ! Une griffe après l’autre dans le gras de vos chairs.

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