Privautés 8


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Tu vas jouir, femme, pour toutes les femmes interdites de tentation. Tu vas jouir dans ma place, s’il te plaisir. Mon doigt est à l’entrée de ton intime ravageur. Ta porte de vie est étroite, un homme y serait bien. Mais dans ce présent, c’est mon carré préservé. Je vais te faire jouir, femme, pour tous les jours interdits. Juste à l’entrée de ton vagin gracieux, je tourne le doigt à te faire tourner les sens en gémissements. Je me voue à ta cause, femme aux seins tendus.

Tu m’es apparue dans le noir où j’y ai peur de l’inconnu, coup imprévisible. L’enfante a peur. Dans la lumière vive, tes seins ont jaillis derrière la clôture de l’ancien couvent. Tu m’apparais lascive, nue. Ton abandon et tes yeux fermés rehaussés de gris élégant m’ont conquis avec tant de vaillance que je succombe, accrochée de désirs aux barreaux arrondis et frais. Cette cellule n’est qu’un jeu vénitien. Je te veux, icône sensuelle. De l’autre côté de cette grille, je suis à toi, je t’aspire, j’aspire à toi,  inconnue.

Tu ouvres les yeux, sous ma présence infinie. Ton sourire pénètre mes espoirs. Je désire ardemment la place de la main masculine qui happe ton con. Je franchis la clôture qui nous sépare, à peine revenue du privilège que tu m’accordes. Au temps, je laisse mon impatience. Tes seins, tes seins, tes seins. Ta peau est divine sous ma paume et je ne sais où donner de la main. Sur ta gorge je dépose mon émoi et tu m’offres ton cou, tendue en arrière. Alors je sais. Je sais que tu es moi aussi.

Viens, nous allons jouir de concert. Ma langue est tes lèvres. Tes lèvres sont mon plaisir. Un homme par sein pour m’aider dans mon entreprise, c’est une femme libre que je veux faire jubiler. Avec la lenteur d’une douce fermeté, je remonte ta fleur intense. Tu écartes, je lèche, tu me guides, je te guide, ma langue femelle, tes lèvres de femme, ta langue perdue, mes lèvres emplies. Mon doigt au profond de ton intime, c’est étroit et fin. Je tourne et tes sens détournent tes réels. Je t’aime, tu sais, comme moi-même. Je veux que tu jouisses, femme, pour toutes les femmes interdites d’orgasmes.

Alors devant vous toutes, femmes, je m’assois les cuisses écartées. A vous toutes je caresse la gorge avec l’infime humilité qui ne voudra jamais posséder la semblable maison. Je vais aimer chaque parcelle de ta bouche, je vais dévorer chaque fraction de ta langue, je vais souffler ma vie avec toi. Tu me donneras l’énergie d’Athéna et la volupté des saisons. Je veux lécher ton con tendu. Tu veux voir mon étoile prise. Tu veux m’entendre crier pour insuffler ton plaisir.

Exulte pour toutes les femmes soumises aux désarrois des vies. Chante le plaisir plus fort que le muezzin. Psalmodie les délices avec plus de constance que la répétition des offices divins. Hurle ta joie au-dessus des cris de l’accouchée. Vis ta jouissance plus loin que les carcans des talons claqués. Clame ta félicité par-delà les mariages forcés. Déchire l’air pour respirer au-dessus des plafonds de vitre sablée. Pleure de joie à endiguer les coups indus. Brame devant les seringues blêmes. Exclame ta vie au-delà des jours. Je t’aime, femme, je t’aime libre.

***

Illustration : Koji Wakamatsu – La Femme qui voulait mourir (1970)


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