Pourquoi écris-tu ? 7


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Pourquoi écris-tu ? Incapable de répondre. La question se faufile dans les heures, toile de fond secrète, pourquoi sans fin et discret, sans panique et sans obsession, pourquoi sans réponse autre que la première. Il me faut revivre, augmenter la réalité dans les mots, susurrer le désir, crier à la face du monde que le plaisir est divin. Oui et non. Le monde est étroit, celui d’un blog n’est que trois petits riens ou quatre soupirs mineurs. Le plaisir est à vivre et non à lire. A écrire moins encore. Alors pourquoi écris-tu ?

Est-ce vrai, au moins ? Je ne sais rien moi-même. C’est vrai et faux, pellicule imprimée et déformée par le tamis des émois, des interdits, des moi, des sur, des autres choses. C’est faux entièrement et profondément authentique, enfoncé depuis l’anus jusqu’à ton cerveau parce qu’être enculé est aussi bon que d’enculer. Voilà, trois phrases plus tard, je dis déjà des mots grossiers.

Pourquoi écris-tu ? Parce que cela s’impose à moi. Oh phrase combien de fois entendue dans les arcanes savantes des vrais poètes, des purs artistes reconnus ! En vrai, je ne sais toujours pas pourquoi j’écris, ici et autre part aussi. Là-bas encore. Écrire avec des mots, écrire avec des images, écrire pour les autres et pour soi. Je ne sais pas non plus si cela – ou ceci – s’impose (ou s’oppose).

Écrire alors même que l’écriture savante se refuse et l’orthographe fuit comme les femmes devant un bossu. Écrire alors même que des femmes couchent avec le bossu au charisme plus loin que la disgrâce des corps. Les hommes en sont-ils capable, aussi ? Oui, parfois certains jours d’alchimie quand la lune croise la nudité en plein midi. Et aussi quand tu suces bien. ou que tu suces tout simplement. Pourtant certaines queues n’ont pas la salive des mes mots. Écrire peut-être pour regarder la bosse lointaine que me ramène les flux invisibles et scannés des lecteurs. Je ne sais pas. Peut-être

Narcisse. Don. Envol. Folie. Flatteries. Accomplissement. Chimères. Poésie. Cul. Queue. Nichons. Étoile. Antres douces et chibres  enflammés. Doigts concupiscents et yeux sages.  Antres noires, la voisine rugueuse, jamais vierge. Toi non plus. Je ne sais pas. Pour le lecteur du TGV. Pour toi aussi l’amour. Et toi encore. Pour occuper mon temps. Pour rompre l’ennui de Madame. Ou rompre le pénis de Messire. Casser les couilles de la tradition. Ou donner le cul pour se faire battre.  Ou par plaisir. Oui par plaisir. Pour gémir de plaisir. Crier de joie. Bramer sauvage. Par plaisir, donc.


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

7 commentaires sur “Pourquoi écris-tu ?

  • Aelius Hadrien

    J’écris parce que j’en ai envie, j’écris parce que je dois. J’écris parce que les mots bouillonnent et doivent sortir. En d’autres temps, en d’autres lieux, j’aurais pu être peintre ou musicien et laisser mon démon s’exprimer de la sorte. Ce sont les mots qui m’ont choisi, je les aime et je leur sais gré de leur aide. Ils me soutiennent quand je vais mal, quand la douleur, la colère, la haine parfois doivent sortir. Alors je les couche sur papier et je les livre au flammes. Et dans cet holocauste minuscule s’amuissent mes sentiments. Les mots m’enchantent quand tout va bien. Ils disent mon bonheur, ma joie de vivre, la fraternité de combat et l’amour partagé. Je fais très bien les silences dans la vie réelle, quand mon esprit vagabonde, quand une femme me frôle, quand simplement j’estime que je n’ai rien à dire à mon interlocuteur et que parler n’aurait d’autre utilité que de donner de l’air à mes amygdales. Mais écrire c’est autre chose…écrire, c’est coucher mon sang, mes tripes, la lave de mes veines sur du papier et leur donner vie..Pas un jour sans une ligne disait CIcéron..Comme il avait raison.

  • Raphaël

    Vous ne me posez pas la question. Pour autant je crois que nous nous la posons tous à un moment où un autre, quand on ne nous la pose pas avant que nous ne nous la posions.

    Il se peut aussi que nous y répondions pour beaucoup d’entre nous avec des arguments similaires.

    Peut-être nous faut il revenir à nos premières fois, celles où nous avons, un jour, écrit par nous même sans que cela soit un devoir. On trouvera peut-être un moment premier, une raison première qui ensuite aura tisser des racines vers d’autres mondes pour donner à chaque étape de notre croissance une raison supplémentaire, complémentaire.

    Pour ma part, remonter à cet instant premier, c’est constater que j’écris parce que cela m’est plus facile que de dire, et sans doute ais je perçu ce même jour qu’en écrivant je pouvais mettre des mots sur ce qui m’est obscur ou transparent par la simple pensée ou la seule parole. L’abstrait devient ainsi concret.

  • Sniéjana

    Graaaou.
    Ecrire ça fait frémir le fond de la culotte.
    Ecrire ça fait frémir le poignet.
    eCRIre c’est une jouissance.
    ecRIRE c’est un bonheur in(c)lassable.
    Ecrire pour soi, écrire pour nous, écrire pour vous,
    Ecrire tout simplement.