Pour sûr 23



Aujourd’hui où mes paroles restent des déserts sans échos, aujourd’hui, je sais que nous avons achevé la toile. Nous avons apposés la signature sur le même élan de chair. Ta peau est tout entière contre la mienne, tes mots me prennent le cerveau, tes mots dans mon sexe en live, ta bouche dévore mon souffle. La prochaine fois, dis-tu, la prochaine fois, tu seras au-dessus de moi, je verrais tes yeux la prochaine fois, et il y aura un autre mec qui te prendra par derrière, on sera deux en toi, la prochaine fois tu penseras à moi quand un autre te prendra, la prochaine fois. Et moi, moi je me dissous dans tes mots, je trempe ta queue dans le flamboyant. Et moi je te vois, toi, derrière moi, toi celui avec qui j’ai déjà formé ce tableau à trois. Et moi, je te sens, toi qui laboure ma chair depuis hier.

Aujourd’hui où mes mots se perdent dans l’espace, aujourd’hui, je tente de ne pas chercher de pourquoi. Rien. C’est la fin, c’est tout, la fin de l’œuvre à se déposséder, de la toile à accrocher aux souvenirs. Plus de retouche possible. Lâche ta queue-de-morue.

J’ai croqué la passion à plein pinceaux. Nous avons jeté les couleurs sur les murs des chambres. J’ai avalé ta peau, des kilomètres de peaux. J’ai refusé d’être Pénélope tandis qu’à mes oreilles tu susurrais la salope.

C’est toi qui m’as appris. La vie, le sexe, les taxis et Asaf. C’est trop bien sûr. Dans ta peau, j’ai appris le sens du mot avoir. C’est trop c’est sûr. C’est l’intense que j’ai avalé dans nos couches, sur le bord du bureau et arraché au matelas. Je me suis cambrée encore et encore. Et cette chambre violette près du casino. La baignoire et ton pied sur ma chatte. Voilà. Le reste tu le connais, tu sais. J’ai écrit les souvenirs, petit écrin encervelé. J’ai mal au bout de l’intense. C’est trop pour sûr.


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