Tengo

Tape sans arrêt, cymbales sans cisaille, tape je suis sous tes marteaux, vibre sans fin. Elle bat la batteuse, la tête en symbiose avec les cadences. Métronome puissant, elle règle les hanches à la virgule près. Je ferme les yeux, le cou en balance. Je ferme les yeux dans ce salon où je frappe du pied, colère d’ici et du passé. Pourquoi se fourrer dans des galères consenties où le maître du jeu fouette les rameurs rebelles ? En haut en bas. Épaule, reins. Je ne sais où sa baquette va donner le rythme. Tout est dans le poignet. Je lutte contre la batteuse, je lutte contre les cadences. Mon pied […]


Et d’eau fraiche 2

Sur les murs, j’ai rayé ton nom. Je l’ai gribouillé de traits parfumés. Je l’ai dessiné à l’encre sympathique pour tu sois un filigrane sous la peau. Il ne faudrait pas que nous te  reconnaissions car tu fais fuir au loin, ou encore nous agripper sans bouée. Pourquoi, dès que nous te prononçons, nous nous sentons liés sans fin, jusqu’à ce que la mort nous capture ? Pourquoi serais-tu au singulier face aux orgues naissantes ? Sur les barricades, il faudrait hurler ton nom. Dans les couches secrètes, il faudrait laisser exploser ton son. Si tu étais une corde, je t’enroulerais autour de nos corps, douceur ardente. Au fur et […]


Vulpes 2

De sa langue, il ouvre grand ma plage. Ses doigts m’emmènent sur le sable si dur de mer retirée. Nos semelles s’y enfoncent à peine. Sous nos pieds crissent les coquillages abandonnés. Mes cuisses sont aussi large que l’horizon. Dans la ligne de fuite, trois cylindres se dessinent dans l’air camaïeu. Des mouettes et des goélands se jouent des vents ardents. Je ferme les yeux. Le beige et le rose se mêlent en une danse tandis que la pluie perle sur nos manteaux de fourrure. Sais-tu comme les jeux des corps m’ouvrent d’immenses paysages ?Je vois la mer tandis que ma main se promène dans ses cheveux frisés. J’aime m’y […]


Saccage ma sagesse 2

Ta bite me manque, dure, sèche, violente comme un amour. Ce n’est pas vraiment la tienne ni même la vôtre. La nuit, toutes les nuits, et les soirs aussi, je la sens tout contre mon con. Elle agace mon entrée, elle agace de ne pas entrer. Elle est là, sûre. Viens voudrais-je te crier. Aucun mot ne traverse la pudeur de mes lèvres. Évanescente présence au cœur du noir, pénètre mes chairs, prends tout de travers, clang, viens, va. Tire fort. Il le faut. De dos, mon ventre de famine est écroulé sur le matelas. De dos, saccage ma sagesse, arrache-moi des soupirs de sexe, des feulements éperdus. Je veux […]