Promesse d’orage

Il était la promesse de l’orage,  place du marché, face aux halles, côté Sud. Petit et beau comme les pruneaux secs de mon enfance. Compactés dans un sachet transparent, ils attendaient que je les pioche, chacun leur tour. Faisant fi de la pègue, je trouvais les plus charnus, les plus moelleux, ceux dont le noyau pourrait être sucé longtemps pour en tirer le dernier suc. Nous cherchions une place à la terrasse de l’un des deux cafés, face à l’église, celle-là même où je n’ai jamais planté de cierges. Le plus accueillant aura notre faveur. Ainsi était notre seul projet commun en cet instant moite. L’orage, peut-être, nous délivrerait des […]


Peintre de langue 1

Dans la ville, nous avions traversé les fleuves enfouis. Je tentais de suivre le flot de tes paroles qui s’accrochait aux rochers, de temps à autre quand la vague submerge. Surtout, je ne voulais pas finir tes rêves avant que tu ais pris le temps de les prononcer. Grand homme des cavernes, gaulois érudit, peintre rupestre aux doigts habiles mais je ne le savais pas encore. La ville nous entortillait de ses allées. Elle nous ramenait aux souvenirs tout en nous plongeant dans un futur doux et simple. Elle était à nos côtés. Nous avons fait plusieurs fois le tour de nos citadelles. J’aime les yeux clairs quand j’ose y […]


Polyplaisir des utopies 2

C’est dans un café que j’ai fait la connaissance de Phil qui produit une belle émission sur le polyamour. Il est venu, nous avons discuté à bâton rompu et grâce à son talent d’écoute et de « poseurs de questions », voici un bon moment littéraire. Nous avons lu nos écrits respectifs. Un moment rare et précieux. Vous pouvez écouter ici ces morceaux de bonheur édité sur radio campus de Bruxelles Bonne écoute à vous  


Jachère

Terre sèche, désert jaune, la poussière se soulève les sabots de l’ennui. Les rêves ne sont plus des oasis où la main plonge dans l’onde. Le son des galops raisonnent au loin, poussière dorée des lointains qui jouent encore. La corde se dessèche aux soleils perdus. L’énergie a fondu, elle se craquèle sous la chaleur des sexes enfuis. Saison des pluies, têtes trempées, la boue se colle aux ennuis. Les rêves même sont noyés sous la diluvienne. Les mains ne trouvent que les ondes qui dégoulinent des yeux mauves. L’eau assourdit le son des joueurs de surface. Ils s’amusent, ils claquent les peaux et enfilent des amants au corps large. […]